En l’absence de statistiques officielles, bien malin celui qui réussira à dénombrer les multiples bidonvilles implantés à travers la wilaya de Bouira.
En effet, à peine les autorités locales ont-elles fini de détruire un conglomérat d’habitations précaires qu’un autre pousse à proximité. Les services de la PUP sont certes à l’affut, mais ces bidonvilles ont la peau dure, comme les habitudes de leurs propriétaires qui n’hésitent pas à implanter leurs taudis dans des zones à risque, notamment à proximité des oueds. Endroits de prédilection, car, à la moindre crue, les citoyens habitants ces favelas en profitent pour exiger d’être relogés au frais du contribuable. La dernière intervention, mardi dernier, du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, lors du Conseil des ministres, a été claire, en exigeant des autorités centrales et locales d’éradiquer les bidonvilles. A titre illustratif, dans la commune d’El Esnam, au cœur du chef-lieu, un bidonville subsiste depuis plusieurs années, malgré l’annonce faite en grande pompe de son éradication prochaine par les autorités communales. Ce bidonville, répondant au joli nom de ‘’ cité Pistache ‘’ car implanté à proximité d’un immense verger de pistachiers, abrite près d’une centaine de familles. Pour les services de l’APC, il y aurait officiellement 75 familles de recensées, mais selon les habitants de ces taudis elles seraient près d’une centaine. Ces familles, pour la majorité ont dû quitter leurs anciens domiciles situés sur le site du barrage de Tilesdit. Elles se disent expropriées, alors que les indemnisations leur auraient toutes été versées. Les autres familles résidant dans ce bidonville disent avoir fui le terrorisme dans les années 90 et n’avoir pas où aller. Sur le site, les instructions du président de la République semblent illusoires. Des baraques de fortune érigées grossièrement en parpaings, même pas crépies, et dont les toits sont de simples tôles galvanisées. La chaleur et l’humidité font apparaître des nuées de moustiques. Des rats qui s’apparentent à des chats ne sont même plus impressionnés par la présence des hommes et femmes habitants dans ces taudis. D’ailleurs, il se raconte à la cité Pistache que ces rongeurs et même des serpents cohabitent avec les humains, avec tous les risques que cela comporte. Les odeurs pestilentielles qui se dégagent des évacuations des eaux usées ne sont pas faites pour éviter rongeurs et autres bestioles nuisibles. Des câbles électriques qui pendouillent entre les taudis laissent à penser qu’un simple frottement contre un mur pourrait aisément enflammer cet immense amas de bicoques insalubres. Les services de l’APC d’El Esnam nous ont affirmé une fois de plus, que l’éradication de ce bidonville est proche, tout en nous renvoyant à la daïra de Bechloul pour de plus amples renseignements. Des exemples comme celui de la cité Pistache sont légion à travers le territoire national. La politique du gouvernement vient une fois de plus de s’affirmer quant à l’éradication des bidonvilles. Mais là encore, le texte approuvé par le Conseil des ministres est loin de la réalité même s’il est clairement stipulé que «ce texte vient mettre à jour les normes en vigueur en matière de prévention et de sécurité contre les risques d’incendie dans les locaux accueillant le public, ainsi que dans les bâtiments à usage d’habitation».
Bachouche Idir

