Disparition de Nihal La grève et la marche annulées – La famille redoute une «instrumentalisation» politique

Dix jours après la disparition de la petite Nihal si Mohamed, âgée de 4 ans, des proches de la famille et des représentants des comités des villages environnants, ont organisé une réunion de concertation pour décider d’un plan d’action en guise de «solidarité» avec la famille et pour dire «halte au kidnapping». Il n’y a, en effet, quasiment plus de doute qu’il s’agisse bien d’un enlèvement, vu que toutes les recherches initiées jusque-là se sont révélées vaines. Et la fameuse rencontre a été fixée, comme on le rapportait dans notre édition d’hier, pour vendredi soir. Et lors de ladite réunion, il avait été retenu le principe de lancer un appel pour une journée de protestation, aujourd’hui dimanche, qui devait être marquée par une grève générale des commerçants d’Ouacif ponctuée par une marche, comme nous l’indiquait l’oncle de Nihal, Ouali H. Sauf qu’aux dernières nouvelles, ces décisions d’actions prises par des représentants des comités et certains proches de la famille, c’est-à-dire la grève et la marche, sont loin de faire l’unanimité chez la famille de la victime, tout comme parmi la population de la localité d’Ath Ali de manière générale, a-t-on appris, hier matin, soit au lendemain de l’annonce des décisions arrêtées par la fameuse réunion. Contacté à nouveau, hier matin, l’oncle de Nihal nous a confirmé que «toutes les actions décidées lors de la réunion avec les comités de village ont été annulées». «La famille de Nihal ainsi que les habitants d’Aït Abdelouahab, redoutent une probable instrumentalisation politique de l’affaire. On ne veut surtout pas compromettre les opérations de recherches que les autorités sont en train d’effectuer ni mettre la vie de la petite en danger», a ajouté notre interlocuteur. Voilà un retournement de situation que tout un chacun évite pour l’heure de commenter, même si cela laisse supposer plusieurs scénarios que chacun s’interdit d’aborder, particulièrement devant un dictaphone. En off, les voix paraissent plus ou moins libérées et prononcent le mot «enlèvement» plus facilement. On parle même de piste plus plausible que les autres. Mais officiellement, on se contente juste de préciser encore ceci : «Depuis 10 jours que Nihal a disparu, des comités de villages ne se sont pas du tout manifestés ne serait-ce que pour participer aux opérations de recherches. Et soudain, on nous parle de marche… y a tout de même de quoi éveiller les soupçons», commente une voix d’Aït Abdelouahab. A vrai dire, la famille redouterait surtout une éventuelle «récupération» de son drame pour des «fins douteuses». La famille semble décidée à penser à deux fois avant d’entreprendre quoi que ce soit, d’autant plus que «les autorités font convenablement leur travail. Donc, il n’est pas judicieux dans ces circonstances de «perturber l’enquête», nous a déclaré H. Ouali.

Kamela Haddoum