Béni Ziki – 3ème édition du Festival Smail Azikiw – Taourirth Bouar en fête

Sous le patronage du Haut commissariat à l’amazighité (HCA), l’association culturelle Smail Azikiw du village Taourirt Bouar, dans la commune de Béni Ziki, daïra de Bouzeguène, organise, du 04 au 06 août, la 3e édition du Festival Smail Azikiw à l’école primaire Allam Ouali, sous le thème : «Idles nagh danagui dazaris aranadhfar».

Pour cela, un riche programme a été concocté. D’ailleurs, pour le lancement de cette édition, plusieurs personnalités ont pris la parole, entre autres, le maire de la commune, un représentant de la direction de la culture, des représentants des associations Adrar nfad et Taflasth, le directeur de la maison de jeunes de Béni Ziki et un représentant du HCA qui a d’ailleurs annoncé l’ouverture officielle de cette édition.

Ainsi et pour la réussite de cet évènement, les organisateurs et habitants de Taourirth Bouar ont déployé tous les moyens nécessaires, à savoir hébergement à l’école primaire pour les hommes et une villa qu’un villageois a mis à la disposition des femmes.

À noter que près de 100 poètes ont pris part à cette fête. L’exposition de gâteaux, de bijoux, de plats et d’objets traditionnels ainsi que des travaux manuels réalisés par des femmes du village se tient durant les trois jours des festivités dans la même salle. À souligner que plusieurs écrivains et poètes sont venus en force pour des ventes-dédicaces, à l’image de M’barek Guemmar, Abaoune Abdelghani, Ahcène Mariche. En robes kabyles jaunes et vertes, les filles ont émerveillé plus que ces garçons en chemises blanches et pantalons noirs, le public avec une chanson de Matoub Lounès.

La chorale Tamaguith a choisi de commencer pour ensuite céder la place aux Izlan et Ichawikan. À Aït Ziki, la langue berbère est parlée et chantée. À 17h30, l’historien M. Kheddam Mnd Oubalkacem, a animé une conférence-débat intitulée «L’histoire de la Kabylie, de la domination turque à la colonisation française». Juste après, il y a eu la rencontre des membres du jury avec les poètes venus de presque toutes les wilayas du pays. Par la suite, place à la projection du film Taourirth Yetwatoun (La colline oubliée) en guise d’hommages aux deux grands hommes de la culture berbère, en l’occurrence Mouloud Mammeri et Abderrahmane Bouguermouh, qui partagent cette œuvre.

Au deuxième jour du Festival, un concours de poésie à 10h pour reprend à 14h juste après le déjeuner, et une deuxième conférence-débat étaient au programme. Les convives ont eu l’aubaine de visiter le formidable site touristique Aswel, puis après ils ont ensemble vu la pièce théâtrale présentée par Anachraha (TNT) et la projection du film «La montagne de Baya» par le ciné-bus du HCA. Pour le dernier jour des festivités, place aux remises des prix aux lauréats du concours de poésie. «Je suis heureux de venir, pour la troisième fois, à Thaourirth Bouar. Je tiens à saluer les organisateurs pour ce travail magnifique qu’ils mènent pour la sauvegarde du patrimoine immatériel de notre culture», dira Hacène Halwane. Pour terminer, un gala artistique sera animé en soirée par une dizaine de chanteurs connus, à l’image de Karim Khelfaoui, Djillali Hamama, Dahmani Belaid.

«C’est avec beaucoup de difficultés mais une grande joie que nous préparons ces éditions pour rendre hommage au grand poète Smail Azikiw avant 1871, bien avant Simoh Oumhend. Le peu qui nous reste de ses poèmes est courant dans la région, néanmoins on veut apprendre plus et les préserver», dira l’un des organisateurs. À noter que Louchiani est un italien qui a écrit sur lui dans la revue africaine n° 233. Il a dit que c’est Chikh Mnd Said de Zekri qui lui a transmis ses poèmes et dans le livre Awal af Dda l’Mulud (un mot sur Dda l’Mouloud), Rachid Alliche a révélé que «Achach lwiz amectuh awin yathouzou wadou» est le poème qu’aime beaucoup écouter Mouloud Mammeri.

Fatima Ameziane.