Placée sous le slogan «Le bijou d’Ath Yenni : héritage ancestral et exigence d’aujourd’hui», la 13e édition de la Fête du bijou d’Ath Yenni, qui avait démarré le 28 juillet, a été clôturée avant-hier, vendredi 5 août, avec un bilan plus ou moins mitigé.
La manifestation a vu la participation de120 exposants dont 93 bijoutiers venus des quatre coins du pays, selon Mohamed Haouche, président de l’association des bijoutiers d’Ath Yenni. Les expositions ont été réparties sur trois sites : la maison de jeunes, le CEM et l’espace culturel Mouloud Mammeri. Même si le nombre des visiteurs est jugé appréciable, les ventes en revanche sont en deçà des espérances, se plaint-on, vu la flambée des prix des bijoux. Une conséquence de la cherté de la matière première sur le marché parallèle.
La quasi-totalité des artisans bijoutiers déplorent en effet la non-disponibilité sur le marché officiel de l’argent et du corail, indispensables pour la fabrication du bijou. L’organisme habilité à leur fournir cette matière première, à savoir l’AJENOR (l’Agence nationale pour la transformation et la distribution de l’or et des autres métaux précieux), leur aurait fait faux bond, selon les bijoutiers. «Nous n’avons eu droit qu’à des promesses de la part de l’AJENOR. Nous avons alors été obligés de nous rabattre sur le marché noir pour continuer d’exister», dira Addad Yahia, artisan bijoutier.
Les artisans s’approvisionnent en effet en ces deux matières premières sur le marché parallèle (en noir) où des prix exorbitants sont pratiqués. Un fait qui a poussé un nombre important d’artisans bijoutiers à mettre la clé sous le paillasson et à changer de métier. Selon les chiffres avancés par le président de l’association des bijoutiers d’Ath Yenni, sur les 450 bijoutiers qui exerçaient au début des années 1990, il n’en resterait aujourd’hui que 150. Outre le problème de la matière première, les artisans bijoutiers se plainent également de la concurrence déloyale des bijoux de fantaisie, ressemblants aux bijoux d’Ath Yenni, importés de Chine.
«D’un côté les pouvoirs publics promettent de nous aider et de promouvoir cet art, et de l’autre, ils autorisent l’importation de ces bijoux de fantaisie qui menacent sérieusement notre métier», se désolera Y. Addal. A signaler enfin que, même si la Fête s’est déroulée dans de bonnes conditions, une fausse note a néanmoins été déplorée côté accueil. Poster un jeune, agressif, accoutré d’une tenue de plage, à la limite de la décence, à l’entrée de l’édifice pour accueillir les visiteurs, ne peut que dissuader ces derniers de revenir.
Hocine Moula

