L’ancien village de Chorfa, communément appelé Taddart, est niché sur une colline aux flancs abruptes. De ce superbe promontoire, on pourrait dominer tout l’arrière-pays de la vallée de la Soummam enserrée entre les contreforts de la chaîne montagneuse du Djurdjura et les cimes dentelées des Bibans et des Babors. Taddart, comme se plaisent à l’appeler ses habitants dont le nombre est estimé à 3000, garde encore ses maisons traditionnelles que traversent de belles et vieilles ruelles, offrant un décor rustique qui contraste avec les maisons récemment construites. Ce village, perché à environ 400 mètres d’altitude, connaît une urbanisation galopante ces dernières années. Ces nouvelles constructions qui sont érigées sur les abords de falaises abruptes apparaissent, de plus en plus, sur les extrémités du village. L’espace, certes, venant à manquer, certaines maisons semblent comme « suspendues » sur les flancs de ravins profonds. Cependant, un sérieux problème lié à l’érosion du sol et aux glissements de terrains fait peser de grandes inquiétudes aux villageois. Le sol, d’où s’échappent de temps en temps des lambeaux de terre, est en proie à l’instabilité. Ce phénomène est observable surtout en période de fortes pluies. Le déferlement des eaux, en dévalant les pentes, emportent dans leur furie de la terre. Le relief des falaises s’érode d’année en année au gré des facteurs climatiques. Néanmoins, ingénieux qu’ils étaient et conscients de ce problème d’érosion du sol, les premiers habitants de ce beau village ont planté des haies de cactus sur les flancs escarpés entourant le village de Taddart. Ces haies de figuiers de Barbarie amortissent le mouvement du sol en l’aidant à se fixer. Le décor est d’autant plus saisissant avec cette « forêt » de cactus qui entoure Taddart comme les perles d’un diadème.
Y. Samir
