L’idée date de près de dix ans. Les représentants des marques automobiles mondiales exerçant en Algérie auront désormais un cadre où ils pourront défendre efficacement leurs intérêts. En effet, l’Association des concessionnaires automobiles d’Algérie, (ACAA ou AC2A), vient de voir le jour. Hier, les membres du bureau de cette structure ont animé une conférence de presse pour présenter leur projet et définir ses prérogatives et son rôle dans le monde algérien de l’automobile. L’AC2A est une association professionnelle à vocation non lucratif et non politique, qui regroupe les concessionnaires automobiles exerçant dans tous les segments d’activité (véhicules personnels, utilitaires, industriels…). Son président, Abdeldjamal Saad, également directeur général d’Algérie Motors (BMW et Land Rover), indiquera qu’actuellement, ils sont 20 concessionnaires à adhérer à l’association, et que 6 sont sur le point de la rejoindre. « Notre association, qui regroupe la majorité des marques mondiales présentes en Algérie, n’a nullement comme vocation d’œuvrer à la sauvegarde d’intérêts particuliers ni celle de demander un quelconque avantage », précisera de prime abord le premier patron de l’AC2A. En revanche, elle s’attellera, soulignent ses initiateurs, à promouvoir la profession de concessionnaire et à constituer une force de proposition et à apporter son expertise dans l’univers automobile algérien, en s’appuyant sur l’expérience de ses membres. « Nous ambitionnons aussi de palier le déficit en matière de statistiques et d’information qui caractérise le marché algérien de l’automobile, et d’opposer un mode et une façon de travailler basé sur la transparence, en rupture avec certaines pratiques actuelles qui nuisent à notre métier », insistera le président de l’AC2A, qui n’oubliera pas à l’occasion de souligner que « l’intérêt du concessionnaire et celui du client sont une seule et même chose ». A travers l’association, ce sont les concessionnaires algériens qui voient leurs forces unifiées et leurs efforts canalisés pour peser plus lourdement sur le pouvoir de décision dans le sens de leurs intérêts à tous. A cet effet, l’on a signalé la nécessité de travailler en concert avec les pouvoirs publics, afin notamment de lever les écueils au développement et l’amélioration de l’activité du secteur. Et entre autres récurrents problèmes évoqués lors de cette rencontre par les professionnels de l’automobile, celui du foncier industriel semble le plus partagé. La question a été soulevée par Omar Rebrab, secrétaire général de l’AC2A et patron de Hyundai. L’indisponibilité du foncier freine, relèvent les conférenciers, le développement et l’amélioration des services des concessionnaires envers leur clientèle. « Notre première priorité reste la satisfaction du client », affirme Sefiane Hasnaoui, DG de Nissan Algérie et adjoint du secrétaire général de cette structure. D’autres points inhérents à l’activité ont été traités et discutés au cours de la rencontre : la question des normes techniques, le service après-vente, la déontologie de la profession, la reprise des véhicules d’occasion… Pourquoi la naissance de l’association intervient-elle quelques mois après l’arrêt de l’importation des véhicules d’occasion ? C’est un point que nous avons soulevé, mais qui malheureusement n’a pas reçu de réponse convaincante de la part des animateurs de la conférence. L’on relèverait même une certaine gène qui accompagnait notre interrogation. Et pour cause. Il y a quelques années (en 2002-2003), la question de l’arrêt ou non de l’importation des véhicules de moins de trois ans se posait comme le point de discorde entre les différents acteurs du secteur. Certains d’entre eux étaient carrément opposés à cette proposition, pour la simple raison que le plus gros des véhicules d’occasion importés était de mêmes marques que celles qu’ils représentaient. Maintenant que tout est « rentré dans l’ordre », l’association peut voir le jour…Il a été signalé également l’absence de la SNVI (Société nationale des véhicules industriels), comme acteur unique du montage automobile en Algérie. L’on promet de convier l’opérateur à rejoindre bientôt les rangs de l’AC2A. Un détail qui mérite d’être signalé l’AC2A n’a pas encore reçu d’agrément de la part des autorités pour entamer ses activités. Chose qui interviendra bientôt, assure-t-on.
Elias Ben
