Un plaisir en profondeur !

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Incrusté en plein cœur de la forêt de l'Akfadou, le Lac Noir, appelé localement Agoulmim Averkane, est une véritable invitation au repos, un havre de paix au milieu d’une forêt luxuriante de chênes majestueux.

Pour s’y rendre, le départ a été pris à partir de la commune d’Adekar, dans la wilaya de Béjaïa et à la lisière de la forêt de l’Akfadou. Départ très tôt de Tizi-Ouzou sous un ciel plutôt dégagé l’arrivée à Adekar sera sous un épais nuage réduisant la visibilité et tissant ses filets autour des arbres caressant les cimes abruptes des majestueux chênes Zen et Afares. Un froid vivifiant promet une randonnée agréable aux visiteurs du jour. La suite se fera en s’engouffrant aussitôt dans la forêt, à travers une piste cernée de part et d’autres d’arbres et d’une dense végétation, en pressant le pas afin de se « réchauffer ». Même si le but de cette randonnée est le Lac Noir, le parcours choisi, long d’une trentaine de kilomètres, et qui traverse la massif forestier de l’Akfadou, jusqu’au point d’arrivée au village Iguersafene relevant de la commune d’Idjeur (wilaya de Tizi-Ouzou), est riche en belles découvertes, Agoulmim Averkane étant « la cerise sur le gâteau ». Les genêts en fleurs embaument l’air d’un doux parfum et réconfortent. Première halte, la réserve de réintroduction des cerfs de l’Akfadou, leur milieu naturel. Un panneau planté par la Conservation des forêts de Béjaïa, à l’entrée de cet espace protégé par une clôture grillagée, explique que le cerf de Berbérie est une espèce protégée par la loi et qui ne se trouve qu’en Afrique du Nord, notamment en Algérie et en Tunisie. Mais l’espoir d’apercevoir un cerf et de « tirer son portrait », cèdera vite place à une peine perdue : aucun animal ne s’aventure aussi près, ou presque, puisqu’un sanglier traverse furtivement la forêt de l’autre côté de la réserve. La route s’enroule et se tortille au milieu de la forêt faisant défiler des chênes à perte de vue, tendant leur bras au ciel pour happer les nuages. Loin d’être monotone, le paysage s’avère riche en découvertes. Une maison forestière en ruines attire la curiosité et soulève un sentiment de désolation sur l’état d’abandon de cette belle structure dotée d’une cheminée. Le site comporte un puits recouvert de lianes d’une plante grimpante, et un abreuvoir qui fait encore chanter l’eau qu’il emprisonne avant de lui rendre sa liberté. Des vaches paissent paisiblement et ne semblent nullement inquiétées par la présence humaine. De ce site, le Lac Noir est tout proche et apparaît au détour d’un virage en contrebas de la route. Au bout de 13 km de marche, un concert de croissement de rainettes qui peuplent le lac, composant une bruyante symphonie, accueille les visiteurs.

Agoulmim averkane, un joyau du Djurdjura

Agoulmim averkane est l’un des joyaux du Djurdjura, un site magique situé à 1 200 m d’altitude, qui attire de plus en plus de touristes locaux amoureux de la nature et en quête de détente loin du brouhaha de la ville et des tracasseries de la vie quotidienne. Ce lac naturel, d’une superficie de 3 ha et d’environ 1 mètre de profondeur, se dévoile dans toute sa splendeur reflétant tour à tour le bleu du ciel azuré la blancheur immaculée des nuages et le vert foncé des chênes qui le cernent de toutes parts comme pour le protéger. Une digue artificielle réalisée sur un côté du lac permet de maintenir un niveau d’eau appréciable. Certains arbres baignent une partie de leurs troncs et leurs racines dans l’eau du lac, rendant encore plus magique cet endroit. Des véhicules légers et des minibus stationnent tout près, après avoir déposé des groupes de touristes venus de plusieurs wilayas limitrophes pour un pique-nique, au bord du lac. Des familles, des groupes d’amis, des randonneurs se sont installés à l’ombre des arbres, savourant le calme. L’endroit est idéal pour un pique-nique. Après le repas, les randonneurs, épuisés par 13 km de marche, décident de faire une petite sieste en se laissant bercer par le croissement des rainettes, le chant des oiseaux et le meuglement des vaches. Faire le tour du lac pour le prendre en photo sous tous les angles est un exercice captivant. Chaque partie d’Agoulmim averkane est un paysage de carte postale qui n’a rien à envier aux autres lacs du monde. Par endroits, des arbres plongent leurs branches jusqu’à la surface de l’eau, par d’autres des pierres polies par l’eau émergent du lac comme de petits ilots. Les sauts des rainettes dans l’eau dessinent de jolies architectures aquatiques et éphémères. Un tronc d’arbre, rappelant étrangement un lézard géant et surnommé par les habitués du lac « le dinosaure », est une autre curiosité d’Agoulmim averkane. Le retour du lac n’en fut pas moins intéressant et s’avéra riche en découvertes. En passant de Béjaïa vers Tizi-Ouzou, on aperçoit de loin le poste de commandement du Colonel Amirouche, chef de la wilaya III historique durant la guerre de libération nationale. Puis, paraissent les ruines de l’ancien village de Mhaga et le site qui remonterait à l’époque romaine, voire à une période plus antérieure, appelé localement Akham Oujehli, qui est une curiosité archéologique et historique dont les secrets sont en attente d’être dévoilés par les scientifiques. Puis le village Iguersafene, point d’arrivée après une traversée de l’Akfadou, épuisés mais reposés et émerveillés par la beauté de Dame Nature qui n’a pas été avare avec le Djurdjura qu’elle a affublé de tant de charmes qui ne demandent qu’à être découverts dans le cadre d’un tourisme écologique, responsable et encadré afin de préserver ces sites quasiment vierges.

Demri Madjda

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