Quatre militaires blessés dont l’un mortellement

Violent accrochage ce week-end entre un détachement militaire et un groupe terroriste, non loin du village rural d’Ouled Aïssa, dans la commune de Lakhdaria, 40 km au nord-ouest de Bouira. Quatre blessés dont l’un grièvement ont été dénombrés dans les rangs de ladite troupe militaire, selon certaines sources. D’autres signalent que l’une des quatre victimes aurait succombé au cours de son évacuation vers un hôpital de la périphérie. Selon des informations recueillies sur les lieux, l’affrontement s’est produit dans la nuit de jeudi à vendredi, au détour d’un chemin de montagne, à la lisière de l’agglomération d’Ouled Aïssa.

De fortes détonations y ont été entendues. Alors qu’elle effectuait une opération de reconnaissance dans cette contrée, entre 23 h et minuit, une patrouille militaire est tombée sur un groupe terroriste. Lors de l’accrochage qui s’en est suivi, 4 militaires seront touchés par les terroristes qui tiraient pour couvrir leur fuite. Des renforts arrivent aussitôt, et ledit maquis sera encore une fois soumis à un pilonnage intensif.

Les résultats du redéploiemet des forces combinées de sécurité n’étaient pas encore connus, là aussi, hier en début d’après-midi. Un membre local des GLD précise que « les monts environnants surplombant des champs d’oliviers servent toujours de refuges et de zones de repli aux hordes islamistes armées » Vergers et toutes sortes de massifs forestiers demeurent des repères pour les terroristes, qui tentent de dresser à la moindre occasion des faux-barrages tant sur l’axe Lakhdaria-Kadiria, que sur le tronçon de route menant à Bourabache ou Zbarbar

Les services combinés de sécurité ont renforcé leur dispositif de contrôle et de surveillance avec comme preuve l’installation de postes de gendarmes sur des intervalles de 4 km de Ammal à Aomar, en plus d’autres cantonnements militaires au niveau des zones sensibles. Mais la peur d’être attaqué d’un moment à l’autre hante les esprits. Le risque est d’autant plus angoissant que le nombre de terroristes actifs n’est jamais connu avec prévision, particulièrement dans cette partie de la Kabylie. Plus loin, toujours vers l’ouest à Ammal, d’autres membres des GLD ont fait état de manifestations sporadiques des hordes intégristes armées. Commandées par Sersoub pour le sud-ouest d’Ammal et par les frères Hamzaoui sur l’axe Béni-Amrane-Chabet, celles-ci réapparaissent à la moindre occasion pour racketer les villageois et leur réitérer les préceptes de l’islamisme.

Résurgence islamiste à la moindre occasion, disions-nous ? La garde communale locale est affirmative : il y a des terroristes en nombre effrayant dans la région, si l’on se base sur les témoignages des villageois. On parle encore surtout de Bouzegza, Rehaï, Kzadri au maquis depuis cinq ans. Et l’action salutaire des services de sécurité consiste à multiplier les interventions pour contrecarrer les desseins de l’ex-GSPC. « Même si on fait croire que la situation va en s’améliorant, mes collègues et moi on ne baissent jamais la garde », expliquent des patriotes de la région.

Dans leur for intérieur, ils souhaitent que les hautes autorités du pays fassent taire ces voix appelant sempiternellement à la prorogation du délai accordé aux repentis. Il y va de la sauvegarde de la République. De la protection de ces civils innocents souvent victimes des amnistiés qui reprennent les maquis ou ceux ayant fait partie des réseaux de l’ex-GSPC avant de basculer carrément dans la violence supervisée par l’organisation terroriste transnationale d’El Qaïda. L’armée continue, elle, sa mission de sécurisation des différents coins de la Kabylie et du pays tout entier, en dépit des mécomptes qu’elle subi parfois. Comme ce fut le cas encore, ce week-end du côté de Lakhdaria.

Salim Haddou