L’autre hommage d’Illilten à Mohia

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L’association culturelle Tafat de Tifilkout, un village de la commune d’Illilten, rend hommage au grand poète et dramaturge Mohia lors de la cinquième édition des journées théâtrales Boubekeur Makhoukh qui se déroulent depuis avant-hier et jusqu’au 19 du mois en cours.

L’événement organisé en collaboration avec la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, a été ouvert officiellement lundi dernier, vers seize heures, lors d’une cérémonie à laquelle étaient conviées plusieurs personnalités du monde de la culture. Dans la cour de l’école du village où une scène a été aménagée, avaient pris place de nombreux villageois aux côtés des invités de Tafat. Madame Nabila Goumeziane, la directrice de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, Farid Mahiout, le directeur du théâtre régional de la même ville, Hamida Ait El Hadj et de nombreux autres hommes de culture, tels Madjid Ait El Hadj, ont rehaussé l’événement par leur présence. Bien avant la cérémonie d’ouverture, nous avons eu le loisir de découvrir une exposition de dessins et des costumes utilisés par les acteurs des pièces théâtrales «Sinistri» et «Chna ledhyour» ainsi qu’un ensemble de marionnettes ayant servi lors des spectacles de divertissement. Le programme de la journée d’avant-hier lundi, qui devait durer jusque tard dans la nuit, a été débuté par «Massinissa», une représentation théâtrale du Théâtre Régional de la ville de Tizi-Ouzou, avant que «Yennayi jeddi» de l’association Macahou d’Iferhounène ne termine la soirée vers minuit. Ce programme qui s’étalera jusqu’à vendredi sera clôturé par un gala artistique. Mais avant cela, de nombreuses autres pièces théâtrales seront présentées, chaque soir, au public. Les amateurs du quatrième art ont eu le loisir d’assister hier soir à «Wis tmenyam di samana» (Akbou) ou à «Takhlwit» (AC Thagharma), et découvriront, ce soir à partir de 21 heures, des représentations «ath yehccen» et «Baraki». «Mohand Ouchabane» et «TNT», programmées pour la soirée de demain, termineront le cycle des représentations théâtrales.

Programme de formation au menu

Aussi, il y a lieu de signaler que la matinée d’hier mardi a été animée par un spectacle pour enfants et une projection sur la vie et l’œuvre de Mohia, alors que celles d’aujourd’hui et demain seront réservées aux ateliers de «formation en mise en scène», des ateliers de «cinégraphie» et d’«écriture». Rappelons que c’est grâce à la détermination des jeunes de Tafat et de Tifilkout en général, que la cinquième édition des journées théâtrales a pu se dérouler après une absence de plusieurs années, faute de moyens.

Cela ne les a pas empêchés pour autant de prévoir les choses en grand avec notamment la mise en place, également, d’ateliers de formation à l’adresse des jeunes talents, pour les initier aux techniques du 4e art en parallèle des conférences-débat qui abordent l’historique et les différentes facettes du théâtre en général. Un gala et une distribution des prix sont prévus pour la cérémonie de clôture qui aura lieu le 19 août. Cette manifestation locale, qui prend de l’envergure d’année en année vu l’engouement des jeunes de la région, se veut aussi un cadre et une occasion pour la promotion de la culture en général et du théâtre kabyle en particulier. Pour rappel, Mohia est né le 1er novembre 1950 à Azazga dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Fondateur du théâtre kabyle, il est le plus ‘’célèbre des anonymes’’ comme aiment à l’appeler ses amis. Il a produit, d’une manière artisanale, une quinzaine de cassettes audio. Il a traduit et adapté plusieurs œuvres universellement connues telles que «Le médecin malgré lui» (Si Lhlu) et «En attendant Godot» (Am win yettrajun Rebbi), entre autres. Beaucoup de chanteurs kabyles ont chanté et mis en musique les poèmes de Mohia, à l’instar de Ferhat, Idir, Ali Ideflawen, takfarinas, etc.

A.O.T et Hocine Moula

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