L’eau arrive dans les robinets une fois tous les huit jours – Les Cheminois crient leur soif !

Le manque d’eau constitue un problème majeur pour les habitants de la région de Chemini.

En effet, la situation dans cette localité reste caractérisée par l’accès difficile à cette ressource, la mauvaise gestion des points d’approvisionnement et les perturbations sempiternelles dans l’alimentation en cette ressource vitale. Dans cette région, d’aucuns s’accordent à reconnaître que théoriquement, la ressource est suffisamment abondante pour répondre aux besoins de la population. Mais, dans la réalité la situation semble moins reluisante.

Entre la colère citoyenne qui se solde chaque fois par la fermeture d’édifices publics et de routes, et le discours officiel à la fois louant les réalisations en la matière et minimisant la crise, l’éternel problème d’alimentation en eau potable reste toujours d’actualité. « Nous sommes alimentés à raison d’une fois tous les huit jours. Cette situation est insupportable durant cette période estivale, de surcroît, les besoins en eau augmentent crescendo », avoue avec amertume un habitant du village Takorabt.

« À Chemini, la soif est aussi vieille que les mémorables fontaines publiques. L’histoire de l’âne et des jerricanes n’est pas encore un souvenir dans cette région. La corvée des jerricans est l’amer quotidien des villageois. La saison estivale qui touche à sa fin en est l’exemple concret de ces problèmes d’eau dont souffrent encore des milliers de Cheminois. Face à ce dilemme, les villageois n’ont eu d’autre choix que de recourir à l’achat de citernes d’eau à des prix élevés. À 1500 DA la citerne de 2000 litres, cela grève davantage notre maigre bourse. Nonobstant nos multiples requêtes visant à mettre fin à notre calvaire, les autorités locales restent de marbre », se plaint un père de famille.

En tout cas, les citoyens concernés par le problème de manque d’alimentation en eau potable ne cessent de se poser la légitime question de savoir pourquoi ils sont privés d’eau en pleine canicule alors qu’à peine à un jet de pierre de leur village, un barrage gigantesque arrose des milliers d’autres localités.

« Cela fait des années que les responsables locaux nous promettent de raccorder les foyers à l’eau du barrage hydraulique de Tichy Haf, mais hélas, nous n’avons rien vu à ce jour », regrette un villageois.

Les citoyens ne cessent de saisir verbalement et par écrit les responsables concernés au niveau de la municipalité mais en vain. Le calvaire continue. Les colporteurs d’eau potable se frottent les mains avec des prix qui donnent le tournis. La même tension sur l’eau potable prédomine pratiquement l’ensemble des patelins de la commune de Chemini.

« Dans cette commune de la soif, les maux qui la rongent sont légion. Nous souffrons le martyre en catimini », s’indigne un sexagénaire.

Bachir Djaider