Les femmes à l'assaut du Djurdjura

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L'association culturelle Agraw Adelsan, typiquement féminine, a organisé, vendredi dernier, une nouvelle randonnée qui a conduit ses adhérentes et plusieurs invitées venues de diverses communes de la région, telles que Saharidj et Tazmalt dans la wilaya de Béjaïa, au plus haut sommet du Djurdjura, Tamgut, culminant à 2 308 mètres d'altitude.

En effet, ce groupe de femme, composé d’une vingtaine, lequel a été encadré par de jeunes bénévoles, a créé une animation particulière le long des 30Km entre le point de départ qui est Raffour jusqu’au point d’arrivée « taqachuchet n’Tamgut ». Bien mieux, parmi les randonneuses, des handicapées qui ont relevé le défi d’atteindre ce sommet. Malgré leurs handicaps, les participantes, à l’image de la présidente de cette association, Dalila Amarouche, ont tenu à y faire partie en démontrant un incroyable courage et une inimaginable endurance durant les 13 km d’ascension entre Tala Rana et le sommet, sur un chemin abrupte. Ainsi, c’est aux environs de 8 h du matin que l’ascension a commencé. C’est donc en file indienne que les randonneuses suivirent une jeune guide bénévole d’Ivelvaren, sacs à dos en bandoulière sous l’œil vigilant de la présidente, qui ferma la marche. Les jeunes bénévoles, dont la plupart sont des adhérents de clubs de randonneurs, ont confié qu’ils ont imposé un rythme de marche lent en choisissant les passages les moins pénibles et en aidant les femmes âgées avec de courtes poses tous les deux mètres. Ils ont relevé le défi de conduire toutes les participantes jusqu’au sommet avec succès. L’arrivée s’est effectuée en fanfare aux environs de 13 h avec des youyous qui crevèrent le silence sidéral du toit de la Kabylie, d’autant plus que d’autres groupes de randonneurs venus de l’autre versant du Djurdjura, de Bouzguène, d’Ath Yenni et de l’association Assirem de M’Chedallah étaient déjà sur les lieux et les ont encouragées. D’ailleurs, beaucoup de jeunes qui ont passé la nuit sur les lieux, n’ont pas hésité d’aller les aider en leur donnant des bouteilles d’eau ou en les emparant de leurs sacs à dos afin qu’elles puissent franchir les dernières centaines de mètres avant la ligne d’arrivée. Sur les visages de ces femmes se lisait la fierté d’avoir tenu le pari, mais elles étaient aussi émerveillées par une magnifique vue qu’offre ce sommet sur toute la haute Kabylie jusqu’au littoral et même une grande partie de la basse Kabylie embellie par un panorama de rêvé. Les jeunes filles n’ont pas attendu de reprendre le souffle pour commencer à immortaliser ces merveilleux moments par des prises de photos et autres enregistrements vidéo. Les plus agiles sont montées sur les socles hauts de plus de 04 mètres, vestige d’un ancien panneau installé par l’armée coloniale en guise de repère. Aussitôt le déjeuner expédié en commun et un repos de deux heures qui a permis aux randonneuses de reprendre des forces, il fallait penser au retour avant la tombée de la nuit pour éviter d’être surprises par les ténèbres sachant qu’il est pratiquement impossible de se déplacer de nuit sur ces terrains escarpés et dangereux. C’est dans la même ambiance de fête que le bus qui les attendait à Tala Rana, les ramena au point de départ. Il est à souligner que c’est l’APC de M’Chedallah, laquelle a décidé d’accompagner les activités de cette association féminine, l’unique au niveau de la région et de leur prêter main forte, qui a mis à leur disposition ce bus.

Oulaid Soualah

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