L’enfer à Tighilt-Oukerrouche

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La journée d’avant-hier dimanche a été pour les deux villages Tighilt-Oukerrouche et Mahnouche, situés à deux kilomètres de Tighilt-Bougueni, chef-lieu communal de M’Kira, tout juste infernale.

«L’incendie s’est déclaré aux environs de quatre heures du matin, au bas du versant Nord-est de la colline de Tighilt-Oukerrouche», nous confiera M. Meziane Hassini, membre de l’exécutif communal dont l’habitation est située dans le versant opposé. Il rajoutera qu’il avait, aussitôt qu’il s’en est aperçu, alerté l’unité de la Protection civile de Tizi-Gheniff qui a dépêché un premier véhicule qui n’a pas pu venir à bout du feu, qui avait déjà pris une ampleur considérable à cause de l’inaccessibilité du terrain, d’autant plus qu’aucune piste n’avait été réalisée à cet endroit. Cependant, à neuf heures, la situation semblait être contrôlée, à la grande satisfaction des villageois de Tighilt-Oukerrouche et de Mahnouche qui craignaient le pire pour leurs habitations, mais ce n’était que partie remise car une demi-heure plus tard, des flammes géantes surgirent de nulle part. «Le feu qui couvait avait atteint la grande chênaie. C’était le début de l’enfer, à voir tous ces arbres centenaires aux feuillages denses et bien fournis et dont les troncs sont épais, qui ont pris feu», nous relate encore M. Hassini Meziane, qui est resté avec les pompiers pour leur indiquer tous les recoins du terrain. Aussi, la canicule de cette journée aidant, et trouvant une végétation propice, l’incendie ‘’remontait’’ à grande vitesse la colline tout en s’approchant des premières habitations situées le long du CW107. Mais, celles-ci étaient bien protégées par les lances à eau des sapeurs-pompiers qui n’avaient pas hésité à demander du renfort à l’unité de Draâ El-Mizan. «Nous sommes habitués aux incendies périodiques qui se déclaraient dans cette chênaie mais cette fois-ci, surtout avec la forte chaleur qui sévissait en cette journée, nous avons frôlé l’apocalypse», nous a déclaré un villageois de Tighilt-Oukerrouche.

Au demeurant, alors que des citoyens ont fait sortir leurs cheptels pour les mettre à l’abri, les pauvres petits écoliers ont rejoint leurs classes la peur au ventre. «L’école n’était séparée de cet endroit que par la chaussée du CW107 où était garé un camion-citerne de la Protection civile. Si ce n’était l’intervention des soldats du feu, elle serait réduite en cendres», nous confie un villageois. Par ailleurs, hormis des dizaines d’arbres fruitiers et des chênes, aucune habitation n’a été atteinte et aucun blessé n’est à déplorer.

Essaid Mouas

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