Lancement à partir d’Ighil Ouis

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C’est dans les montagnes du village d’Ighil Ouis, relevant de la commune de Tizi N’Berber et frontalier avec la wilaya de Sétif, qu’a débuté, avant-hier vendredi, la campagne «Tourisme pour tous» initiée par l’association Assirem Gouraya en collaboration avec la direction du tourisme et d’autres partenaires.

L’exposition de produits du terroir, une randonnée pédestre à travers tous les sentiers pour arriver à la fontaine du village, l’initiation à l’escalade au village voisin de Bouamara, un concours de dessin, un autre de photos en plus de celui du plus beau coq du village ont été au programme des deux premières journées. Le tout couronné par un bivouac et une soirée traditionnelle organisés hier soir. Ces deux premières journées de la campagne ont été organisées sous le thème «Rôles du coq et de la fontaine dans le village kabyle». Le coq a toujours représenté le réveil des paysans ruraux, puisque c’est à son appel que l’ouvrier, le paysan, la femme rurale se lèvent pour l’accomplissement des tâches journalières. C’est aussi l’appel du coq qui signifie le début d’une nouvelle journée pour tous les villageois, car chacun des différents acteurs remplit une part de ses tâches dès que le chant de cette volaille est entendu dans le village. La fontaine kabyle est un élément structurant important de l’architecture kabyle comme le sont la route, la mosquée, la djemaâ et le cimetière. C’est le lieu privilégié des femmes puisqu’elles sont chargées de transporter l’eau à dos d’ânes ou sur leurs propres dos.

Exposition, randonnées, escalades…

Dans cette fontaine, les femmes se retrouvent pour les palabres quotidiens sur les mariages, les décès, les nouvelles des villageois… Ce projet a été bien réfléchi et mûri pour traiter sur la consommation de la viande de poulet bio et d’encourager les gens qui possèdent des moyens pour assurer des élevages traditionnels, puisqu’il fut une époque où la chair de poulet était considérée comme un médicament pour le malade de la famille. La fontaine ou thala a constitué un lieu d’échanges culturels entre les femmes et de préservation de la ressource hydrique utilisée à bon escient loin de sa pollution. «Notre activité vise à sensibiliser les villageois à la restauration de ces monuments traditionnels qui ont fait le charme du village kabyle d’antan», dira Amar Rabhi, président de l’association initiatrice de cette campagne. Le tourisme dans la wilaya de Béjaïa a connu une régression notable ces dernières années, malgré que la wilaya dispose d’atouts considérables qui peuvent la placer au meilleur rang des régions touristiques du pays. Elle possède des potentialités culturelles, historiques, naturelles, des espaces forestiers, montagneux, marins qui peuvent lui assurer des ressources financières appréciables et des emplois fixes. C’est la raison pour laquelle, rajoutera notre interlocuteur, que l’association Assirem Gouraya de Béjaïa, consciente de la place du tourisme dans le développement durable de la région, a saisi la direction du tourisme de la wilaya ainsi que d’autres partenaires pour organiser cette campagne de promotion du tourisme, laquelle s’achèvera le 1er octobre prochain. Celle-ci va toucher toutes les catégories intéressées : directions concernées, mouvement associatif, médias, populations avec implication des jeunes dans l’éducation touristique. «Durant cette campagne, nous projetons d’ouvrir un atelier sur les propositions à même d’assurer l’essor du tourisme responsable et solidaire dans notre wilaya. L’association projette aussi d’organiser plusieurs sorties à l’échelle nationale sous le thème ‘À la découverte des beautés de l’Algérie’», fera savoir Amar Rabhi. D’ailleurs, à partir de demain, il y aura, dans le cadre de cette campagne de promotion du tourisme, d’autres activités au Cap Carbon, au parc national de Gouraya, à Ihbachen, dans la commune de Kendira et même au parc national de Taza, dans la wilaya voisine de Jijel.

A. Gana

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