Akbou Affaire de l’agression sexuelle de la jeune écolière – Les dessous d’un acte !

L’agression sexuelle dont a été victime une écolière de 9 ans à l’école primaire Abdelkader Boucherit remet sur le devant de la scène nationale le sujet de la sécurité des enfants.

Lors d’un rassemblement, tenu avant-hier dans la cour dudit établissement, des centaines de parents d’élèves ont laissé éclater leur colère : «Puisqu’il n’y a pas une bonne prise en charge de nos enfants, nous devrions peut-être rester avec eux même pendant les cours», criaient-ils d’une seule voix. Pour rappel, l’agresseur qui se trouve actuellement sous procédure judiciaire, est un gardien de nuit au niveau de l’établissement. Selon les parents d’élèves, cet employé ne devrait pas être présent à l’école dans la journée. Ils accusent le directeur d’être le premier responsable de cette affaire et demandent purement et simplement son départ. «Nous garderons nos enfants chez nous jusqu’à ce que ce directeur s’en aille», lancèrent-ils encore. Le directeur incriminé était présent à l’assemblée mais il a été empêché par les parents d’élèves de s’exprimer. Se sentant «indésirable» le directeur a fini par quitter les lieux. Interrogé sur l’état psychique de l’agresseur et les motifs de sa présence durant la journée de jeudi (jour de l’agression NDLR), le directeur, M. Belahbib Belkacem, nous dira : «Nous n’avons pas assez d’employés et c’est moi qui l’ai autorisé à travailler ce jour-là». Le premier responsable de l’établissement dira regretter que cet abominable crime ait eu lieu et souhaitera que la DE retire aux APC la mission de recrutements des employés : «Il faut que l’académie s’engage elle-même dans les affectations des gardiens et autres travailleurs dans les écoles primaires, comme c’est le cas des autres établissements scolaires dépendant de la DE, c’est-à-dire les CEM et lycées.

Les services de sécurité et la DE enquêtent

Par ailleurs et durant la journée du dimanche, une commission d’enquête a été dépêchée par la direction de l’éducation. «Je fais partie du personnel de la DE et je fais confiance à ma tutelle. Cette commission mettra au clair la situation. Si la tutelle décide de mon départ, je partirai», dira encore M. Lahbib Belkacem. Pour l’inspecteur de l’éducation, les élèves devront rejoindre leurs classes dans les plus brefs délais, apprend-on. Mais les parents d’élèves refusent et menacent de durcir le ton et de continuer ce bras de fer. En parallèle, une instruction judiciaire a été ouverte au niveau de la préfecture d’Akbou, suite à une plainte déposée par la mère de la victime. Le directeur lui-même et une autre enseignante ont été entendus, hier, par l’inspecteur de police et le procureur de la République. Quant à l’agresseur, apprend-on, il a comparu devant le procureur. Il sera entendu par le juge d’instruction qui décidera des suites de l’affaire.

Réseau Nada pour la protection de l’enfant dénonce

Cette affaire scandaleuse, qui a heurté les esprits, n’as pas manqué de faire réagir le réseau Nada pour la protection des enfants, par le biais de son président, M. Abderrahmane Arrar. Ce dernier, que nous avons contacté n’as pas mâché ses mots en dressant un tableau sombre sur la situation de l’enfant, en général, en Algérie : «De juin 2015 à juin 2016, nous avons enregistré 23 000 appels de détresse, entre abus sexuels, enlèvements, maltraitances et enfants abandonnés», indiquera-t-il. «C’est un chiffre qui nous fait frémir. Les mutations qu’a subies la société algérienne, sans un véritable accompagnement pour l’enfant, et le manque de campagnes de proximité pour sensibiliser l’opinion, ont généré ce genre de comportements criminels», poursuivra-t-il. Selon M. Arrar, le cas de l’écolière d’Akbou est le même que celui enregistré à El bayed où un gardien a là aussi abusé d’un enfant. «Un autre gardien, à Bab El Oued cette fois-ci, a lui violé cinq enfants», nous apprendra encore notre interlocuteur. «Il y a manifestement un manque de sérieux et de vigilance dans l’affectation des gardiens. Sinon, comment expliquer tous ces drames. Ces gardiens sont généralement recrutés sur la base de leur échec social. Ils ont raté soit leur processus scolaire soit leur formation professionnelle. Et l’enfant est mis ainsi à leur portée», s’indigne M. Arrar. Pour le réseau Nada, la protection de l’enfant à l’école doit être garantie par le directeur en premier lieu ainsi que par le staff administratif. «L’enfant est protégé par les lois de la République et doit être à l’abri de toute violence quelle qu’elle soit», conclura M. Arrar.

Menad Chalal