Ce n’est un secret pour personne que le secteur du bâtiment au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou est en souffrance et fait face à une multitude de problèmes. Plusieurs chantiers piétinent et d’autres sont carrément à l’arrêt. Pour certains entrepreneurs la solution est vite trouvée, délocaliser son entreprise vers une autre wilaya. Pour justement connaître la réalité amère à laquelle font face les entrepreneurs, nous avons questionné M. Berkane Mourad, le président de la fédération de Tizi-Ouzou de l’UGEA, qui nous dira d’emblée : «Les problème et les entraves sont légion à travers notre wilaya. Nous faisons face aux lenteurs administratives et à la bureaucratie. Nous avons aussi des problèmes avec la CASNOS qui a décidé de relever l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Elle a aussi décidé de relever nos cotisations à plus de 64 millions sur dix ans, pour bénéficier d’une pension de retraite, alors qu’auparavant c’était juste 26 millions de centimes. Nous avons aussi un problème dans les payements. Nous ne recevons pas notre argent à temps». M. Berkane parlera aussi des contraintes avec l’ANEM qui exige la présence du demandeur d’emploi lors de son inscription et ensuite trimestriellement, et certains demandeurs refusent de se présenter et préfèrent travailler sans assurance. Au sujet de la main d’œuvre, notre interlocuteur tirera la sonnette d’alarme : «La main-d’œuvre est le plus grand problème des entrepreneurs du bâtiment. Certains chantiers avancent au ralenti, d’autres sont à l’arrêt et d’autres encore ont opté pour la délocalisation de leurs entreprises. Nous pouvons immédiatement embaucher 15 000 manœuvres. Nous avons besoin de maçons, de coffreurs, d’ouvriers, de peintres, de ferrailleurs, de carreleurs, c’est-à-dire tous les métiers du bâtiment».
«Des maçons à 2 500 DA/jour et on n’en trouve pas !»
Signalons que selon notre interlocuteur, un ouvrier simple est payé entre 1 300 et 1 500 DA par jour. Un coffreur de métier est rémunéré à hauteur de 1 800 Da/jour, le ferrailleur à 2 000 DA et le maçon entre 2 200 et 2 500 DA/jour. Questionné à propos des solutions proposées pour sortir de cette crise de main-d’œuvre, le président de l’UGEA de Tizi-Ouzou proposera : «Pour combler ce déficit en main-d’œuvre, nous avons proposé le recrutement de la main-d’œuvre étrangère qui se balade dans nos ruelles, mais il paraît que c’est interdit par la loi. Il faut, à notre sens, encourager notre jeunesse à choisir le secteur du bâtiment en leur accordant des avantages sociaux, comme la facilitation de l’acquisition d’un logement, les soins et les œuvres sociales et leur proposer des formations. Les jeunes qui ont contracté des crédits ANSEJ et CNAC doivent être autorisés à travailler». Enfin, le président de l’UGEA fera un appel : «Les entrepreneurs sont un partenaire économique créateur d’emploi et de richesse. Nous sommes prêts à participer activement à la construction de notre wilaya et de notre pays. Nous travaillons aussi dans l’optique de maintenir et d’agrandir nos entreprises, mais pour tout cela l’aide de l’Etat nous est indispensable. Nous comptons sur la souplesse et la régularité dans les payements et les crédits. La réduction des lenteurs administratives est un impératif pour avancer et construire vite et bien».
H. T.
