«Fier d’avoir honoré mon pays et ma région»

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Madjid Djemai est l’un des athlètes de la délégation algérienne aux jeux paralympiques de Rio (Brésil), qui a décroché une médaille de bronze. Au retour du pays de la Samba, il nous a livré cet entretien dans lequel il revient sur son succès et sur les perspectives d’avenir.

La Dépêche de Kabylie : Tout d’abord, présentez-vous à nos lecteurs ?

Madjid Djemai : Je suis né en 1983 à Tizi-Gheniff. Après mes études primaires, j’ai tenté d’intégrer le club de football local (OTG), mais les dirigeants m’ont fait savoir que je ne pouvais pas pratiquer ce sport en raison de mon handicap. En 1999, j’ai été à Tizi-Ouzou où je poursuivais une formation en informatique. C’était là que j’ai intégré une association sportive d’handisport. J’ai commencé d’abord sur la distance de 100m et de 200m, puis du 400m. D’ailleurs, pour ma première participation en championnat d’Algérie à Alger (annexe du 5 juillet), en 2000, j’ai décroché mes deux premières médailles en or. Au total, durant mes participations en six ans, j’ai eu pas moins de quinze médailles tout métal confondu.

Et par la suite ?

Alors c’est là que les choses sérieuses commencent. J’étais repéré par les responsables de la JS Pétroliers d’Alger. Donc, j’étais intégré dans ce club à ma grande joie, parce que c’est un club qui dispose de tous les moyens. Durant la saison 2009-2010, je me suis entraîné sur 800 m et 1500 m. Cela n’a pas été aussi facile pour moi. Il a fallu du temps pour m’adapter. Et c’est à partir de là que j’ai été sélectionné en équipe nationale A sous la houlette de Tahar Salhi.

Souvenez-vous de votre première compétition internationale ?

Eh, oui. La première fois, c’était en 2010 aux jeux africains du Mozambique. J’ai décroché une médaille d’argent sur 800 m et une autre en bronze sur 400 m. Mais mon plus beau souvenir est quand j’ai arraché la médaille d’or aux jeux arabes du Qatar en 2011 sur le 1 500 m.

On peut dire que Madjid commence à rentrer dans la cour des grands. N’est-ce pas ?

Non, l’essentiel pour moi était d’honorer à chaque fois mon pays. C’est une belle aventure qui commence bien que je n’arrivais pas à décrocher des médailles mais tout de même, des places honorables. Tout d’abord aux jeux paralympiques de Londres en 2012, où j’étais arrivé à la 4e place et 1500m, puis à Lyon en France lors du championnat du monde en 2013, toujours à la 4e place sur la même distance (1500m). Par ailleurs, je participais aux meetings internationaux en Tunisie, au Maroc, à Dubai, en Allemagne… Mon autre satisfaction est la médaille de bronze décrochée au championnat du monde au Qatar en 2015.

Revenons à cette dernière consécration à Rio. Que dites-vous ?

Tout d’abord, je tiens à signaler que j’étais désigné porte-drapeau algérien à ces jeux. C’était un grand honneur pour moi de hisser le drapeau national dans le ciel de Rio devant tant de nationalités. Et puis, cette fois-ci, j’ai eu ce pressentiment que j’allais encore honorer mon pays. Et mon rêve se réalisa. J’ai décroché cette médaille dans la catégorie (T37) sur 1500 m avec un temps de 4mn 17 secondes et 28 centièmes après m’avoir battu comme il se doit parce que je voulais cette consécration. Cela me tenait beaucoup à cœur.

à présent, vous vousreposez. N’est-ce pas ?

Nous avons dix jours et puis nous allons reprendre les entraînements pour préparer le championnat du monde en Angleterre en 2017.

Parlez nous de l’accueil qui vous a été réservé à votre arrivée à l’aéroport Houari Boumédiène ?

Eh bien, il a été exceptionnel. C’est la première fois que nous sommes accueillis de la sorte. Il y avait non seulement M. Mustapha Berraf, président du comité olympique algérien, mais aussi le ministre de la Jeunesse et des sports, M. El Hadi Ould Ali, qui nous a rassurés.

C’est-à-dire ?

Il a été à notre écoute et il a promis de nous venir en aide et de nous octroyer tous les moyens parce qu’il sait que nous avons réalisé un très bon score de 16 médailles. Nous le remercions beaucoup. Je n’oublierai pas aussi les habitants de mon village, mes amis, ma famille qui ont fait le déplacement pour m’accueillir. Vraiment, c’est très encourageant.

Au niveau local, y-a-t-il quelque chose qu’on vous prépare d’exceptionnel ?

Pour le moment, ce sont les membres du comité de mon village Ibarahène qui sont en train de préparer un hommage qui me sera rendu. Quant aux autorités locales, notamment celles de Tizi-Gheniff, c’est le silence radio. Alors que je viens d’apprendre que le 6 octobre prochain, je serai à Tizi-Ouzou où je serai honoré par la wilaya.

Un mot pour conclure…

Tout d’abord, je remercie tous ceux qui me soutiennent sans oublier la presse écrite, la Radio Tizi-Ouzou et la télévision qui m’ont invité depuis mon retour. Cela m’encourage beaucoup et me donne des ailes pour honorer encore mon pays, ma région et mon village dans d’autres événements sportifs de haut niveau. Rendez-vous à Tokyo (Japon) en 2020 In Challah.

Entretien réalisé par Amar Ouramdane

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