M'chedallah – La trésorerie communale menace ruine

Le Trésor communal est l’un des services des plus névralgiques par ces temps de crise économique. Le siège du trésor communal de M’chedellah, vient d’être une fois de plus délocalisé et recasé dans un édifice centenaire qui menace carrément ruine. Cette bâtisse n’est autre que l’ancien siège de l’administrateur colonial de l’ex commune mixte de Maillot qui regroupait les deux daïras M’chedallah et Bechloul. Un édifice centenaire réalisé en 1895, selon une inscription encore visible sur sa devanture et qui affiche une dégradation à un stade assez avancé. Rappelons que ce siège a abrité durant des dizaines d’années les services des contributions transférés il y a presque une année à l’hôtel des finances flambant neuf au niveau de la nouvelle ville, infrastructure réalisée en R+4 dont plusieurs étages demeurent, à ce jour, inoccupés. Pour revenir au siège du Trésor communal, il s’agit d’un vestige des plus historiques, réalisé en R+1 dont la partie supérieure est inoccupée du fait d »être complètement dégradée pour diverses raisons. On peut citer entre autres, une toiture en tuile vétuste à partir de laquelle s’infiltrent les eaux pluviales à l’origine d’un effroyable délabrement au point où des morceaux de plâtre du plafond commencent à tomber. Ses murs sont également fissurés et lézardés dans tous les sens. Cet édifice ne tient encore debout que par un fragile équilibre. Lors de notre tournée à l’intérieur de cette bâtisse, en compagnie de plusieurs fonctionnaires, nous remarquerons avec stupeur qu’il a été aménagé sous les fondations, une cave, composée d’une salle assez spacieuse et deux cellules étroites. Cette cave, vers laquelle on y accède par une étroite trappe prolongée d’un escalier, était en fait un lieu de torture durant la guerre de libération.

De ces lieux subsistent encore quelques équipements de tortures telles qu’une sorte de civière en bois sur laquelle on allongeait les prisonniers en les attachant pour les séances de gégène. On retrouve également des restes du sinistre tabouret à trois pieds qu’on retournait les pieds en l’air pour enfoncer le supplicié qui se retrouvait ainsi plié en deux, le menton collé aux genoux. Visibles également des anneaux scellés aux quatre murs au-dessus du niveau de la taille d’un homme auxquels étaient attachés les prisonniers sans pouvoir s’asseoir. Cette lugubre cave n’est dotée d’aucune ouverture, ce qui la rend complètement isolée et insonore pour empêcher que soient entendus de l’extérieur les hurlements des suppliciés, qui ne sortaient sans aucun doute jamais vivants de ce mouroir. Ce sinistre édifice a été utilisé en guise de siège de la mairie après l’indépendance jusqu’en 1978, avant d’être cédé aux services des contributions qui viennent de le céder, à leur tour, au Trésor communal. Ce dernier occupait auparavant un local exigu et vétuste aussi composé de deux pièces à proximité de l’actuel siège de l’APC.

Oulaid Soualah