Les parents d’élèves de l’école primaire du village Makrounat, relevant de la commune de Dechmia, à l’extrême sud de la wilaya de Bouira, sont montés au créneau, mardi dernier, en fermant dès les premières heures de la matinée l’établissement et en interdisant aux élèves et au personnel d’administration l’accès. Les protestataires motivent leur action par l’absence total d’enseignants. Selon eux, plusieurs enseignants, notamment parmi ceux ayant obtenu récemment le concours de recrutement, ont refusé de rejoindre les postes vacants au niveau de cet établissement, sous prétexte de son éloignement et de l’absence des moyens de transports. Ils interpellent les responsables de la direction de l’éducation ainsi que les autorités locales, afin de trouver une solution rapide à ce problème qui risque de pénaliser la scolarisation de leurs progénitures. Toujours d’après les parents protestataires, les élèves de cet établissement n’ont toujours aucun enseignant depuis le début de l’année scolaire, par conséquence les élèves sont toujours en vacances prolongées. «Psychologiquement, nos enfants sont toujours en vacances. Deux mois après la rentrée scolaire, aucun enseignant n’a été affecté à Makrounat et aucun responsable ne se soucie de l’avenir de nos enfants. Malgré nos nombreuses requêtes adressées au maire et au directeur de l’éducation, personne ne s’est manifesté !», dira l’un des parents d’élèves protestataires. D’après lui, les contrats de six enseignants contractuels qui assuraient les cours les années précédentes, n’ont pas été renouvelés cette année et des enseignants permanents ont refusé de rejoindre cette école. «Depuis plusieurs années, des jeunes enseignants contractuels assuraient les cours dans notre école et on n’a jamais eu de problèmes avec eux, car ils se sacrifiaient au quotidien pour rejoindre leurs postes. Malheureusement, cette année, leurs contrats n’ont pas été renouvelés et ils n’ont pas été remplacés. Résultat, l’école n’a aucun enseignant ! C’est tout simplement grave», ajoutera notre interlocuteur. Les parents d’élèves assurent qu’ils n’ont pas d’autres choix que de transférer leurs enfants vers d’autres établissements situés dans d’autres villages. «Nos enfants de 6 et 7 ans apprendront à faire la navette et le trajet à pied dès le stade de l’école primaire !», se désole un autre parent d’élève. Les protestataires assurent, par ailleurs, que la fermeture de l’établissement sera maintenue, et ce jusqu’à l’affectation du nombre suffisant d’enseignants pour toutes les matières. «L’APC et la DE peuvent trouver des solutions en hébergeant ou en assurant le transport pour les enseignants. Ils ne doivent pas abandonner nos enfants et les priver d’un droit des plus fondamentaux», ont-ils ajouté.
Oussama Khitouche
