Tizi-Ouzou Le prix a atteint les 1 800 DA le quintal – «La mafia du ciment est de retour»

Les matières premières utilisées dans le bâtiment enregistrent ces derniers jours une hausse de prix substantielle. Le ciment au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou a atteint les 1800 DA le quintal. La situation dure depuis le début du mois d’octobre courant. Ce qui a fait réagir l’association pour la défense et la protection des consommateurs de wilaya. Dans un communiqué diffusé hier, l’association tire la sonnette d’alarme sur la situation et averti sur le «retour de la mafia du ciment». Ladite association réclame «l’intervention rapide des services du commerce» pour «réguler» ce marché «perturbé», selon elle, «depuis la redistribution des licences d’importation de ciment». Et pourtant, il y a quelques jours seulement, les prix du ciment avaient amorcé une baisse que d’aucuns espéraient durable. À 1 150 dinars le quintal, les auto-constructeurs qui avaient, jusque-là reporté la construction de leur maison à des jours meilleurs, se préparaient à reprendre les travaux. Interrogé un revendeur de matériaux de constructions à la périphérie de la ville de Michelet, nous dit : «Je suis dans le métier depuis plus de vingt ans et je ne comprends pas encore comment fonctionne ce marché qui ne suit aucune logique». Ceux qui en avaient acheté se plaignent de sa qualité et surtout du poids des sacs qui pèseraient moins de 45 kilos au lieu des normes requises de 50 kilos. Il y a quelques jours, il nous apprend que le prix du ciment «est monté en flèche, en l’espace de deux jours». La semaine dernière, un sac de ciment importé est cédé à 720 dinars, soit 1 450 dinars le quintal. Cette semaine, les prix ont encore augmenté pour atteindre les 1 800 DA. Un intervenant nous informe que l’usine qui fabrique le ciment dit «echamel» est fermée. Ce qui expliquerait l’arnaque au prix et au poids constatée par les utilisateurs. Il se pose alors le problème de dosage des bétons que l’on calcule sur la base d’un sac de ciment de 50 kilos. Les entrepreneurs, quant à eux, ne savent plus «comment joindre les deux bouts», nous dit l’un d’eux. Au manque de chantiers s’ajoutent les prix excessifs des matériaux de constructions. Très demandé «le fer à béton de diamètre ‘12’ a atteint les 6 800 dinars les douze barres. Le ‘6’ est encore plus cher», ajoute-t-il. Quant à la charge d’un camion dit de «dix tonnes» provenant des sablières de Béjaïa, il dépasse maintenant les 25 000 dinars. «Le comble est qu’on ne tombe que rarement sur du sable lavé», nous dit un entrepreneur. Pour éviter tous ces tracas, ce jeune tâcheron s’est reconverti en maçon. «Je prends les chantiers à la tache, en main d’œuvre seulement. Je laisse le soin au maitre de l’œuvre de fournir les matériaux de construction. Ainsi, je n’ai plus à me soumettre aux caprices du marché jamais stable», notera-t-il. Quant aux simples citoyens qui espèrent ériger une bâtisse, ces hausses qui surviennent épisodiquement, sans être suivies de baisse des prix des matériaux de construction, ne font que les conforter dans l’idée d’attendre un logement social.

K. H. et A. O. T.