Des firmes internationales face à la bureaucratie

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Des usines demeurant toujours au stade de projets, la wilaya de Bouira en connait une pléthore, mais pour des raisons pas toujours très nettes.

Blocages et retards ponctuent les procédures pour la réalisation d’usines pouvant remettre sur rail l’économie locale et nationale. Ainsi, il y a de cela quelques années, plus précisément le 15 septembre 2015, le PDG du groupe Ival, Mohamed Bairi, représentant de la marque Italienne Fiat Iveco, avait annoncé en grande pompe que son usine implantée au niveau de la zone industrielle de Sidi Khaled (sud-est de Bouira) allait être fin prête pour novembre 2017. Toutefois, à quelques semaines de cette échéance, force est de constater que les utilitaires italiens ne sortiront pas de sitôt de cette usine de montage. Une usine de montage qui devait, à terme, produire entre 1 000 à 1 500 unités de Daily dès la 2ème année, avec un taux d’intégration qui devait se situer entre 17 et 20%. La raison de ce retard s’explique tout bonnement par la non-viabilisation du terrain sur lequel doit être réalisé cet investissement. Pour M. Nadjib Achouri, directeur de l’Industrie et des Mines, le retard que connait ce projet est à mettre sur le compte des services techniques de la wilaya qui ont émis certaines réserves. De ce fait, le permis de construire est en attente de délivrance et l’investissement se retrouve momentanément bloqué. Momentanément serait toutefois un terme à utiliser uniquement pour la wilaya de Bouira car l’investisseur en question n’est pas resté les bras croisés et à décider d’acheminer les unités de montages à Khemis El Khechna dans la wilaya de Boumerdès. C’est ce qu’affirme M. Samir Arjoun, chargé de communication du groupe Ival : «Nous avons réceptionné nos unités de montage de la part de nos fournisseurs, mais devant l’absence de viabilisation du terrain nous avons été contraints de les installer provisoirement sur notre site à Khemis El Khechna, et ce en attendant que toutes les entraves soient levées». «Nous avons investi énormément d’argent dans ce projet et c’est réellement dommage qu’il ne puisse pas aboutir dans les délais annoncés à cause de simples formalités administratives», déplore le chargé de communication du groupe Ival qui se montrera toutefois assez tolérant avec l’administration locale, entre autres l’ex-wali, Nacer Maaskri, et le Directeur de l’Industrie et des Mines, M. Achouri. Des responsables qui, selon notre interlocuteur, auraient «fait preuve d’une réelle volonté» pour faire aboutir ce dossier. La volonté ne manque donc pas, et ce sont les lenteurs administratives qui bloquent toujours ce projet à l’image de tant d’autres d’ailleurs. C’est le cas également pour l’investissement de M. Taibi Amar, président directeur général de Climat’Eco, leader dans le domaine des énergies renouvelables qui voulait implanter son usine à Bouira, plus précisément au niveau de la zone industrielle de Sidi Khaled.

Que faire ?

Malgré un dossier bien ficelé et un plan d’action à même de hisser la wilaya parmi les fleurons de l’industrie écologique et des énergies renouvelables, M. Taibi affirme que la wilaya de Bouira est caractérisée par des lenteurs administratives inexpliquées et inexplicables : «Je pense sérieusement à abandonner l’idée de créer mon usine à Bouira. D’autres wilayas ont fait appel à notre groupe pour implanter nos unités de production… des wilayas qui facilitent l’investissement et qui ne se cachent pas derrière des rouages de l’administration en attendant je ne sais quoi… Bouira aurait pu être un fleuron industriel dans la production des énergies renouvelables», nous confiera M. Taibi affirmant temporiser avant d’envisager l’installation de ses usines dans l’Est du pays, dans des régions accueillant avec ferveur les investisseurs. La zone industrielle de Sidi Khaled, qui avait charmé le Premier ministre lors de sa visite à Bouira en janvier 2014, ne connaît hélas pas la dynamique qui lui était destinée. Pour preuve, sur les 225 hectares dont elle dispose, à peine une vingtaine de projets ont vu le jour sur plus de 200 demandes enregistrées. Une zone décrite comme saturée par les autorités de wilaya et pour y remédier, une autre méga-zone industrielle a été dégagée au niveau de la commune de Dirah avec pas moins de 800 hectares. Si les assiettes pouvant recevoir les projets des opérateurs économiques existent, il n’en demeure pas moins que les entraves administratives subsistent aussi.

Hafidh Bessaoudi

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