APW de Tizi-Ouzou – Séminaire sur l’autisme

En collaboration avec l’association française Bouzeguene Europe d’Aubervilliers, l’association des handicapés et leurs amis de Bouzeguene AHLA a organisé hier et avant-hier 21 et 22 octobre, au siège de l’APW de Tizi-Ouzou, un séminaire intitulé «Vivre mieux avec l’autisme». L’objectif était de faire profiter les différents acteurs locaux des expériences de médecins français dans le suivi des enfants en situation de handicap, d’adapter une expertise de dépistage précoce et assurer une meilleure prise en charge de enfants souffrants de troubles autistiques. Etaient présents, dès vendredi matin, le président et quelques membres de l’association Bouzeguene Europe, accompagnés d’une équipe de médecins français, le président d’AHLA, ainsi que sa secrétaire générale et 13 éducatrices, les maires de Bouzeguène et d’Illoula, des représentants du secteur de la sante, de la DAS et de la CASNOS, des parents d’enfants autistes, de plusieurs médias et de Mme Bouaziz, la représentante du P/APW, qui donna le coup d’envoi officiel du séminaire à 10H00. La parole fut ensuite donnée aux P/APC qui ont exprimé leur volonté de travailler pour le bien des autistes et leur droit à l’éducation et à une vie sociale. Dr Ferradji Taïeb, enfant de la région et éminent pédopsychiatre en région parisienne, dira : «C’est avec joie que nous venons participer aujourd’hui à ce séminaire et contribuer avec AHLA à la réalisation de ses louables projets. Je suis en train de rembourser mes dettes envers mon pays. C’est un devoir de contribuer à un meilleur suivi des enfants autistes et d’aider leurs parents. Nous insistons sur l’importance du diagnostic précoce, car il y a des pathologies qui se compliquent et évoluent en d’autres maladies parce qu’elles ont été ignorées. C’est le cas de l’épilepsie qui devient autisme si on ne la prend pas en charge dès le début. L’idée est de sensibiliser les parents et de leur apprendre les nouvelles techniques. Des études en prouvé que l’enfant se sent mieux et plus sécurisé quand il reste avec sa maman et qu’il est soigné chez lui. C’est ce qu’on appelle la coéducation et la co-thérapie. Dans mon service en France, nous organisons des visites à domicile pour les enfants en situation de handicap, afin de faciliter le contact et mieux comprendre le cas». Il sera suivi par Dr Nora Bouaziz, d’origine algérienne, pédopsychiatre dans un hôpital parisien, qui parlera du processus du développement de l’enfant sain comme élément important avant de pouvoir ensuite parler de l’autisme, le diagnostiquer et le prendre en charge. «Les parents commencent à s’inquiéter quand il y a un retard de langage, un fait qui les préoccupe le plus», dira-t-elle. L’intervenante exposera ensuite les différentes théories qui ont étudié la croissance de l’enfant, son intelligence, ses capacités intellectuelles et ses émotions, ainsi que l’importance du rôle du père dans le traitement et le suivi : «Il faut considérer les autistes comme des enfants normaux tout en les traitant avec délicatesse parce qu’ils sont fragiles et sensibles. Le but est de les intégrer dans la vie scolaire et sociale, leur donner une chance d’acquérir des connaissances de façon à ce qu’ils soient acceptés par les autres et non d’effacer la différence», dira Dr Bouaziz. Dans l’après-midi, ce fut au tour de la psychologue Sophie Gandillot d’intervenir, pour parler du rôle du psychologue dans l’évaluation et la prise en charge adaptée à chaque enfant autiste. Plusieurs parents ont également pu intervenir et exposer les problèmes qu’ils rencontrent dans leurs rapports avec leurs enfants autistes. Dans leur prise de parole, les Dr Stouati et Lounes, responsables à la DSP, souligneront les efforts de l’Etat dans la prise en charge des autistes : «Le gouvernement algérien a mobilisé beaucoup de moyens pour réaliser la généralisation de l’inclusion scolaires des enfants autistes, en créant des classes spéciales et en mettant une éducatrice ou un éducateur et un psychologue dans chacune de ces classes. Nous souhaitons bien sûr mettre plus de moyens encore pour l’accessibilité des enfants autistes aux écoles et à la société afin de leur assurer une autonomie et un épanouissement». Au deuxième jour du séminaire, hier dimanche, Mme Florence Vallade, directrice pédagogique d’enseignement, qui travaille dans un hôpital français où on scolarise des autistes, a exposé son expérience et le projet artistique et culturel qui permet une accessibilité culturelle aux enfants qui souffrent d’autisme. Pour finir, ce fut au tour de M. Azedine Ameziane, président de l’association Bouzeguène Europe, d’intervenir : «C’est dans le cadre du jumelage entre la commune de Bouzeguene et celle d’Aubervilliers que nous avons signé en 2012 une convention avec AHLA. Nous sommes un partenaire officiel et c’est avec joie que nous venons à chaque fois apporter un plus pour les enfants de notre pays, notamment ceux aux besoins spécifiques». Le séminaire fut une totale réussite s’accorderont à dire les professionnels et les parents des enfants autistes. «Nous appelons les autorités locales à plus d’implication pour la réalisation du rêve de l’inclusion scolaire et l’inclusion sociale», conclura Mme Baya H, secrétaire générale de l’association AHLA.

Fatima Ameziane