Qui arrêtera le massacre ?

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La commune de Chorfa est indéniablement connue pour sa vocation agropastorale. L’activité agricole dans cette localité située à 50 kms à l’Est de Bouira, tient, en effet, une part importante dans la vie économique. Plusieurs activités et cultures sont pratiquées par des paysans qui ont cumulé un savoir-faire légué de génération en génération. Si l’on fait le tour d’horizon, on y trouve l’arboriculture, dont l’oléiculture, les cultures maraîchères, l’apiculture, l’élevage des cheptels, et l’aviculture. Cette dernière filière est présente en force dans cette commune où on recense des dizaines de poulaillers. Cette région, de l’arrière-pays de la vallée de la Soummam, a atteint son autosuffisance en matière de produits avicoles (œufs, poulets,…) et est devenue un marché juteux et intéressant qui alimente d’autres localités avoisinantes, comme les communes de M’Chedallah et de Tazmalt. Néanmoins, comme toute activité productive, l’aviculture génère malheureusement des déchets qui mettent les aviculteurs dans l’embarras, car ils n’ont pas où les jeter. En conséquence à cette situation, c’est l’environnement qui prend un sérieux coup, avec des quintaux de déchets avicoles, constitués de fientes, d’aliments usés ou avariés, de plumages, de cadavres de volaille jetés dans la nature. En effet, tous ces déchets sont laissés, sans aucune vergogne, dans la nature, surtout sur les berges et même dans les lits des rivières qui parcourent cette commune, à l’instar des oueds de Tiksiridène et Sahel. La pollution due aux déchets des poulaillers a atteint son comble et aucune partie de l’oued Sahel ne semble être épargnée, étant donné que la majorité des unités avicoles, activant dans ces contrées, sont érigées à proximité de cet oued. Les fientes jetées et étalées sur les rivages de cette rivière dégradent non seulement la biodiversité et l’environnement immédiat, mais polluent également l’atmosphère, et ce, en répandant des odeurs nauséabondes et insupportables. Les riverains des poulaillers sont à bout de nerfs car leurs demeures sont infestées par des odeurs qui se répandent à des centaines de mètres à la ronde. En l’absence d’unités de recyclage par compostage des déchets avicoles dans la région, c’est toujours l’environnement qui prend un sérieux coup avec une pollution qui va crescendo.

Y. S.

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