Depuis plus d’une dizaine de jours, le lait en sachet se fait de plus en plus rare. En effet, les consommateurs ne comprennent plus cette rupture brève de la distribution de ce produit. Si dans certains quartiers, le quota est réduit, dans les villages de la périphérie, les frigos des laitiers sont vides. « Vraiment, nous sommes mis devant une situation inextricable. On est servis deux fois voire une fois par semaine. En temps normal, je recevais jusqu’à cinq cents sachets par jour. Aujourd’hui, le distributeur me dépose seulement environ deux cents sachets seulement deux jours par semaine. Je suis alors contraint à ne servir que mes clients habituels à raison de deux sachets par semaine et par famille. C’est très insuffisant », nous confie ce commerçant de la Cité de l’Indépendance. En tout cas, ces derniers jours, tout le monde est à la recherche de ce produit. « J’ai fait plus de dix magasins d’alimentation générale. Personne ne m’a donné même pas un sachet. Au contraire, on me propose les boîtes de lait à 80 dinars voire 100 dinars par litre ou celui en poudre entre 300 dinars et 450 dinars le paquet de cinq cents grammes. Réellement, est-ce qu’on peut vraiment satisfaire une famille de cinq personnes avec ce genre de lait? » nous interroge ce consommateur au bout du souffle après avoir parcouru plus de cinq kilomètres en allant d’épicerie à épicerie. Effectivement, ce manque pénalise les parents dont les enfants sont à bas âge et qui ont besoin de leur part quotidienne de lait. Certains avouent qu’ils sont carrément passés à la consommation de thé. « On ne peut se passer du petit déjeuner. Pour les plus grands, on sert du thé et pour les petits, on leur donne une tasse de lait par jour », nous répond un autre consommateur à la recherche de ce produit devenu « un luxe » en l’espace de quelques jours. C’est dire que la pénurie s’installe jour après jour. Il nous a été donné aussi de remarquer que même les laiteries de Bouira et de Boumerdès qui volaient au secours des laitiers de la région lorsque celle de Draâ Ben Khedda tombait en panne ou quand ses travailleurs étaient en grève ne le font plus. Par ailleurs, dans certains villages, les spéculateurs le cèdent entre 35 dinars et 40 dinars en obligeant le client à prendre concomitamment un sachet de l’ben ou de Raib (lait caillé). Combien de temps va durer cette pénurie? Pour le moment, aucune voix officielle n’évoque les causes de cette pénurie. Pour certains, c’est la production qui aurait diminué au niveau des laiteries et pour d’autres la poudre de lait importée serait rationnée parce que son importation aurait été réduite. Ce ne sont là que des suppositions. A quand alors des réponses à ces questions qui taraudent les esprits?
Amar Ouramdane
