Ils étaient une centaine de travailleurs de la santé et leurs représentants, venant de toute la wilaya, à observer, hier, un sit-in devant le bureau du contrôleur financier de la wilaya de Tizi-Ouzou.
Une action motivée par le «silence inacceptable» de l’administration et la «non satisfaction des revendications, émises par la coordination des travailleurs de la santé UGTA de la wilaya de Tizi-Ouzou», et ce «malgré l’intervention de M. le wali Mohamed Bouderbali sous forme de correspondance adressée au ministre des Finances», nous a-t-on indiqué sur place. Lors de ce rassemblement, les présents ont crié haut et fort leur «détresse» et dénoncé «les injustices» qu’ils disent subir. «Si on est ici aujourd’hui, c’est pour exiger le départ du contrôleur financier de la wilaya. Ces gens n’appliquent pas la réglementation et travaillent contre la loi. Nous avons marre des injustices, ils sont là pour appliquer la réglementation, ils n’ont pas à décider à la place des directeurs», nous dira M. Guenaoui, le responsable de la coordination de la santé (UGTA) de la wilaya de Tizi-Ouzou. Il ajoutera : «Nous avons plusieurs problèmes ici à Tizi-Ouzou en particulier. Si l’on prend par exemple la prime de contagion, les travailleurs la touchent dans toutes les autres wilayas, mais ici à Tizi-Ouzou, elle a été supprimée pour certains travailleurs. Les allocations familiales dans les autres wilayas s’élèvent à 600 DA, alors que nous, nous ne touchons que 300 DA. Pourquoi cette différence, ce n’est pas normal. Le contrôleur financier nous a expliqué qu’il n’avait pas de prérogatives sur les contrôleurs financiers communaux… qui alors a ces prérogatives ? Nous peut-être ?». Les travailleurs protestataires ont par ailleurs réitéré leurs revendications, au nombre de 26 notées sur plateforme. On y trouve, entre autres, le problème des postes supérieurs non régularisés pour tous les corps, les vacataires non régularisés non plus, les CDD, la prime de scolarité, la prime de contagion et la libération des fonctionnaires ayant opté pour la retraite anticipée avant le 31 octobre 2016. «Nous avons observé des grèves cycliques de trois jours, le wali a saisi le ministre des Finances, mais nous n’avons eu aucune réponse, depuis déjà un mois. La wilaya de Tizi-Ouzou subit une véritable ségrégation due à la non-application de la réglementation par certains contrôleurs financiers. Pour la prime de contagion, certains établissements la touchent, d’autres pas, et nous pouvons donner pour exemples les établissements de Boghni, Draâ EL Mizan, Aïn El Hammam, Larbaâ Nath Irathen, Azzeffoun, Ouacifs et Iferhounène… Nous refusons ces inégalités», s’est indigné M. Aït Idir, secrétaire général de la coordination UGTA d’Aïn El Hammam. Notre interlocuteur soulignera par ailleurs que la grève cyclique observée par la coordination de la santé UGTA de la wilaya de Tizi-Ouzou, n’avait rien à voir avec la grève de l’intersyndicale : «Nous n’avons pas soutenu l’intersyndicale, notre grève cyclique de trois jours n’avait rien à voir avec la leur, c’était juste une coïncidence», a-t-il précisé. De son côté, le contrôleur financier a convié les délégués des travailleurs à une discussion qu’ils ont acceptée, exigeant néanmoins la présence de la presse pour «une totale transparence», chose que le contrôleur a formellement refusée. «Le refus de la présence de la presse est inacceptable et suspect», diront-ils ajoutant : «Le contrôleur financier de Tizi-Ouzou refuse la presse par peur de s’engager publiquement». Les travailleurs, au terme de ce sit-in envisagent déjà la prochaine étape de leur mouvement de protestation : «La fermeture des sièges des contrôleurs financiers communaux pourrait être notre prochaine action», ont-ils averti.
Kamela Haddoum.

