A peine les étourneaux sont-ils arrivés que les chasseurs ont sorti leurs fusils.
En effet, ces oiseaux migrateurs, souvent à la recherche d’olives, se rabattent aussi sur les grains de blé semés juste quelques jours auparavant. Avant-hier, il nous a donné de remarquer que des groupes de chasseurs sillonnaient la vallée déjà emblavée. «Il n’y en a pas encore beaucoup. Mais, tout de même, nous avons dans nos bagages des dizaines d’étourneaux surpris en train de se nourrir des grains de blés et bien sûr de quelques perdrix», nous répond l’un d’eux qui appelait son chien resté en retrait en train de chercher si un oiseau n’était pas laissé dans le champ. «On chasse uniquement pour le plaisir. Et puis, c’est une façon aussi d’éloigner ces oiseaux de nos champs de blé. Les grains n’ont pas encore poussé et ils sont déterrés. Généralement, ces étourneaux s’attaquent beaucoup plus aux olives. Mais, pour cette année, ce fruit n’est pas abondant d’une part et d’autre part, il n’a pas mûri à temps à cause de la chaleur qui s’est poursuivie durant toute la grande partie de l’automne», nous explique un jeune chasseur. Certes, à les entendre parler, ils ne sont pas aussi dérangés par ces volatiles, mais, ce qui leur fait peur est, indubitablement, ces hordes de sangliers qui arrivent jusqu’aux portes de leurs maisons. «Ecoutez, même si l’association des chasseurs vient sporadiquement de tuer des dizaines d’animaux, ceux-ci se prolifèrent très vite. Ils s’attaquent à nos cultures et ravagent tout sur leur passage. Même si vous clôturez votre champ, il arrivent à y pénétrer», nous signale un maraîcher accosté tout près de son champ de pommes de terre. Il n’hésite pas à nous montrer toutes les ouvertures tracées par ces bêtes sauvages, en quête de nourriture, en ces moments où elles ne trouvent rien à mettre sous la dent. «Pour les éloigner, on doit allumer du feu (des pneus) autour de la clôture», poursuit-il. Et de nous dire aussi: » de temps en temps, nous menons des battues contre ces bêtes afin de réduire un tant soit peu leur nuisance ». Le président de l’association des chasseurs » Ourchène Djurdjura », une association agréée bien organisée qui a fait preuve dans ce domaine, nous a répondu que dans quelques jours le cycle de battues va reprendre. Les agriculteurs seront soulagés parce que les chasses menées par ce groupe sont souvent concluantes grâce à l’expérience de ses éléments.
Amar Ouramdane

