La ligne ferroviaire Thenia – Bordj Bou Arréridj, un projet annoncé en grande pompe depuis 2007 avant qu’il ne soit mis de côté, a été remise sur le devant de la scène à la faveur de la dernière visite du ministre du secteur à Bouira.
La réalisation de cette ligne de 160 km n’a toujours pas démarré alors que les travaux devaient être lancés en 2009 et achevés en 2013. Du moins selon les prévisions annoncées en ces temps-là. Le projet attribué provisoirement en 2007 au groupement sino-turc CCECC-Ozgün, pour 1,7 milliard d’euros, semble avoir été totalement oublié. La semaine dernière donc, le ministre des Transports et des travaux publics, en visite dans la wilaya de Bouira, a annoncé que le projet en question «est en phase d’étude». «Ce projet de ligne ferroviaire devant relier Thénia à Bordj Bou Arréridj, sur une distance de 160 km, est en phase d’étude. Une fois l’étude achevée, nous pourrons ensuite parler de la date du démarrage des travaux», a indiqué M. Talaï. Le premier responsable des transports et des travaux publics a, par ailleurs, déclaré que ce retard enregistré sur ce projet de 2009 est dû «à certains obstacles relatifs au tracé de la voie. Nous avons préféré bien étudier le projet avant de lancer les travaux», a-t-il expliqué. Pourtant, dernièrement, le chargé de communication de l’Agence Nationale des Etudes et de Suivi de la Réalisation des Investissements Ferroviaires (Anesrif) avait imputé ce retard aux contraintes d’expropriation. Il avait été soulevé, également, que l’Anesrif avait signé le premier contrat, mais qu’il existe un programme de 8 marchés. La phase étude, exécution et installation du chantier a été réalisée à 100%. L’ouverture du tracé des tunnels avait été à l’origine d’un premier désaccord entre l’Anesrif et les Chinois, car l’étude réalisée par le bureau canadien, Dessau, faisait état de la longueur des tunnels d’une estimation de 16 kms. Toutefois, selon l’étude réalisée par le groupe sino-turc, la distance avoisinait plus d’une vingtaine de kilomètres. On apprendra que le groupement sino-turc avait demandé une révision à la hausse du coût du projet, mais sans succès. Situation qui avait alors engendré le blocage de ce projet avec la réalisation de la double voie ferrée qui traversera la wilaya de Bouira sur plus de 90 km, et comportant pas moins de 7 tunnels. Ce projet avait été débattu, à maintes reprises, lors de rencontres au niveau de l’APW de Bouira où certains élus avaient mis en exergue la délicate procédure d’expropriation touchant des terres agricoles appartenant à des propriétaires terriens privés sur plus de 200 hectares. Il va sans dire que la réalisation de cette double ligne ferroviaire Thenia-Bordj – Bou Arreridj permettra à la wilaya de Bouira de connaître une dynamique non négligeable sur le volet économique.
Hafidh Bessaoudi

