Aïn El Hammam Raccordement au gaz – Des villages s’impatientent

Voyant l’hiver à leurs portes, les habitants des villages non dotés de gaz naturel se demandent comment affronter la saison froide. Ayant espéré se chauffer au gaz de ville, suite aux promesses qui leur ont été faites à plusieurs reprises, ils se rendent à l’amère évidence. «Le gaz continuera de s’éloigner encore», nous dit un responsable de village qui nous a sollicités pour crier «le ras le bol de la population». Les habitants, qui commencent à manifester des signes d’agacement, se préparent à envoyer des délégations pour prendre attache avec le wali et solliciter son intervention afin que les entreprises chargées des travaux puissent renforcer leurs chantiers. «L’hiver est à nos portes et nous n’avons rien prévu pour nous chauffer. On a compté beaucoup sur le gaz de ville, dont l’arrivée est ‘’imminente’’ nous a-t-on dit», ajoute ce même responsable. «Nous avons subi et continuons à subir les désagréments liés au passage des canalisations. Nos rues sont devenues pire que du gruyère. Estimant que c’est pour la bonne cause, nous n’avons, donc, rien dit», nous dit un habitant d’Aourir. La même inquiétude est manifestée par les habitants d’Ait Aileme et d’Ouaïtslid qui ne comprennent pas ce retard alors que les travaux ont commencé depuis plus de deux ans. Comme à l’approche de chaque saison hivernale, le «rituel» des réclamations reprend. Les baisses de températures poussent les «mal chauffés» à réagir. Ce sont, alors, des défilés qui se succèdent au niveau des sièges de la daïra, de la SDC,… En attendant que les foyers des derniers villages de la commune, à savoir Aourir, Tasga Melloul, Ighil Boghni, Ait Ailem, Ouatslid et Ait Sidi Ahmed, bénéficient de cette énergie si prisée, les tronçonneuses à bois reprennent du service, alors que les camions citernes de mazout continuent leurs va-et-vient. Le désespoir de cette femme, âgée de 83 ans, de voir le gaz arriver avant la fin de ses jours est significatif de l’importance qu’il revêt. Dépitée, elle lance «messous !», pour dire qu’à force de l’attendre il n’a plus de saveur.

A. O. T.