Le SG du MPA révèle que l’Algérie a perdu 70% des revenus en devise – Benyounès plaide pour quatre réformes urgentes

Amara Benyounès, SG du MPA, a réitéré, hier à Alger, à l’occasion du pré congrès régional des wilayas du centre, sa conviction que pour une sortie de crise, «il faut des réformes en profondeur, audacieuses et le plus vite possible».

«On connait tous la situation économique du pays. Même le Président a ordonné au gouvernement de dire la vérité pour le peuple. Il a même dit clairement que la crise financière que vit le pays est dangereuse. On a perdu plus de 70% de nos revenus extérieurs en devise, l’équivalent de deux tiers. Il faut des réformes et des mesures. Il faut plus d’audace et de vitesse pour certaines réformes», a-t-il indiqué. A ce titre, l’ancien ministre du Commerce a affiché le soutien de son parti aux réformes entreprises par le gouvernement. «On est d’accord avec les réformes qu’a entrepris le gouvernement, notamment celle concernant la loi de finances 2017 qui vient d’être approuvée», dira-t-il. En réponse à certains responsables politiques qui prétextant la souveraineté nationale, pour critiquer les réformes engagées, le SG du MPA dira : «Ceux qui n’ont aucun programme ni réelles propositions nous sortent la souveraineté nationale pour chaque problème que nous rencontrons. Le statut quo nous mènera direct au FMI. La souveraineté nationale nous impose des réformes». Dans le même sillage, il précisera qu’en Algérie, il n’y a pas de réformes sans justice sociale. Le SG du MPA a exposé la vision économique de son parti, en parlant des réformes qu’il juge «pressantes» en Algérie. Il s’agit de quatre points, avec en premier celle qui touchera «le foncier industriel». Le SG du MPA indiquera : «Ce n’est pas normal que dans le plus grand pays d’Afrique, les investisseurs ne trouvent pas un terrain pour investir. Il faut trouver une solution définitive à ce problème». Deuxièmement, «le système bancaire». «On est le seul pays au monde où toutes les banques sont du secteur publique. C’est impossible de construire une économie de marché avec des banques à 100% publiques. Il faut ouvrir le capital des banques algériennes pour les privés, Algériens et étrangers», a-t-il souligné. Troisièmement, «l’informel». «Cette économie parallèle a atteint le degré où il devient un danger sur l’économie nationale et même sur la politique en Algérie. On sait très bien qui contrôle l’informel en Algérie et on connait les partis politiques qui en sont responsables», a-t-il regretté. Quatrièmement, pour le MPA, l’Algérie doit investir dans les ressources humaines, «il faut former les Algériens et reformer la majorité des cadres», notera-t-il. Par ailleurs, dans le volet politique, M. Benyounès a réitéré le soutien de son parti au président de la République, Abdelaziz Bouteflika : «On n’a aucun engagement avec personne en Algérie mais à part le président de la République». M. Benyounès a estimé que la force de son parti est dans le fait qu’il n’a «aucun compte à régler avec personne, ni avec une institution ou un parti politique». Par ailleurs, en évoquant le congrès du parti qui se tiendra la semaine prochaine, le SG du MPA invite l’ensemble des militants du parti et ses cadres à s’exprimer librement et avec transparence au sein du parti, pour pouvoir aboutir à des décisions et propositions concrètes, lors du prochain congrès. «On ira vers le congrès vendredi et samedi prochains. C’est un rendez-vous crucial pour nous en tant que cadres et militants. Il faut que chacun donne son avis sur les sujets qui concernent le parti et le pays. Après le congrès, on sortira avec des décisions claires sur le programme du parti et les propositions que nous soumettrons au peuple algérien pour aller à la campagne électorale», dira-t-il, en ajoutant : «il faut respecter trois étapes pour atteindre la démocratie : la première c’est le débat libre, démocratique pour tous les responsables et militants du parti. La deuxième étape c’est la décision et il faut qu’elle soit tranchée de façon démocratique, par le vote à la majorité. La troisième étape c’est justement d’accepter la décision de la majorité. Il faut se présenter devant le peuple avec des décisions claires, des propositions claires et un programme clair». Concernant la politique extérieur du pays, selon Benyounès, «l’intérêt de l’Algérie doit primer sur toutes autres considérations».

Kamela Haddoum.