Des milliers de personnes ont assisté, avant-hier, à l’enterrement du grand maître du chaâbi, Amar Ezzahi, à Alger.
Sa famille, ses amis, des officiels, des figures politiques et artistiques, ainsi que des inconnus étaient présents pour rendre hommage et jeter un dernier coup d’œil sur la dépouille mortelle de celui qui a marqué, d’une emprunte indélébile, la musique algérienne à travers des chansons qui resteront gravées dans la mémoire collective. Un cortège funèbre impressionnant, grand de la grandeur du personnage enterré. Il a démarré de chez lui, en s’arrêtant dans la célèbre mosquée ‘El Barani’ sise à la Casbah, pour arriver à la fin, au cimetière ‘El Kattar’, où il a été enterré dans une ambiance populaire comme il avait souhaité. Pour rappel, le grand maître du chaâbi s’est éteint, dans l’après-midi du mercredi passé, à son domicile à Alger, à l’âge de 75ans. Le défunt était hospitalisé le mois de septembre dernier. «Il était en attente d’un transfère dans un établissement étranger spécialisé», avait annoncé le ministre de la Culture, M. Mihoubi, chose qui n’a pas pu se concrétiser malheureusement. Amar Ezzahi était un artiste d’origine kabyle, né en 1941, à Ighil Bouamas, à Aïn El Hammam, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Il a vécu et grandi à Alger où il a côtoyé les plus grands maîtres du chaâbi, notamment El Ankis qui fut son modèle. Avec Al Anka, c’était une grande histoire d’amitié qui les lier. D’ailleurs, son dernier souhait était d’être enterré à côté de lui. Simple, modeste, honnête et humble fut l’artiste, du moins c’est ce que s’accorde à dire tous ceux qui l’ont connu de près ou de loin. Il chantait pour son plus grand plaisir dans les fêtes familiales et côtoyait les quartiers populaires d’Alger, notamment celui d’El Kawakib. Il était discret dans sa vie personnelle et même artistique. Lui qui n’était pas très fan des médias, sa notoriété et sa valeur, il les a acquis par son talent et son engagement et par son propre mérite. Entre lui et son public, le contact se faisait naturellement et simplement à travers ses chansons qui relataient leur quotidien, leur vie et leurs souffrances. Sa dernière apparition en publique fut en 1989, à la salle Ibn Kheldoun. Amar Ezzahi n’est plus mais son héritage, restera et continuera sans doute à influencer les générations futures. Repose en paix maître.
Kamela Haddoum

