Témoignages…

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Saïd Hilmi

«Je le connaissais en tant qu’artiste et il me connaissait en tant que tel aussi. J’ai assisté à plusieurs fêtes qu’il avait animées. Il était timide et respectueux. Pour l’anecdote, il y a une dizaine d’années de cela, toujours sous la présidence de Bouteflika, l’ONDA avait honoré les artistes à Oran à l’occasion de notre journée, le 8 juin. Ils nous ont remis des chèques et j’étais chargé de lui transmettre le sien. J’ai fait le déplacement chez lui et quand je lui ai donné le chèque, il m’a remercié et remercié l’ONDA et m’a dit que lui n’en a pas besoin, donc faut donner le chèque aux plus nécessiteux que lui. Pour dire à quel point il était généreux. Il vivait avec l’art et pour l’art. J’ai assisté à son enterrement, son corps était porté par les siens. Ma chanson préférée de lui était Ya el Khatem. Mes condoléances à toute sa famille et paix à son âme».

Aït Menguellet

«Il est originaire de mon village, mais il n’est jamais venu. Je ne l’ai pas connu personnellement, mais j’avais beaucoup de respect et d’estime pour son art. C’était un maître dans son genre. La vie a fait qu’on ne s’est jamais rencontrés, dommage. J’ai le coffret que lui avait fait l’ONDA, je l’écoute et j’adore. Condoléances à sa famille et paix à son âme».

Reda Doumaz

«Il ya quelques jours de cela, j’ai rêvé de lui. Sur un ton désapprobateur, il m’a dit ‘yerham waldik ya Dmamza…. dis-leur de s’ôter de mon soleil’. Avant-hier vers 17h, un grand et beau soleil qui n’est pas de saison a éclaté sur le ciel d’Alger. Cheikh Amar Ezzahi, ayant retrouvé son soleil, a choisi ce moment précis pour s’en aller. Adieu l’artiste, l’ami confident, le précepteur généreux, l’interlocuteur agréable. Je dirais aussi que son silence qui dure depuis près de 40 ans vaut tous les discours creux autour de notre culture nationale. Ath yerham rabi».

Hamdi Bennani

«C’était un grand monsieur humble, gentil, dévoué et charitable. Il n’a jamais privilégié l’argent sur l’art. Il chantait dans les fêtes et ne prenait même pas de l’argent. Il nous a quittés, c’est une très grande perte pour la musique chaâbi. Il était un grand maître. Il a laissé son empreinte. Pour nous, il n’est pas mort, il vivra toujours à travers ses chansons. Les derniers temps, son caractère avait changé, c’était la maladie, il était devenu aigri. Condoléances à toute sa famille et que Dieu l’accueille dans Son vaste Paradis».

Abdelkader Chaou

«On a travaillé beaucoup ensemble dans le temps, notamment avec Mahboub Bati. Après, chacun a poursuivi son chemin, tout en gardant un contact permanent. On se voyait de temps à autre. Ces derniers temps, il ne sortait pas beaucoup. J’étais à son enterrement aujourd’hui (avant-hier ndlr). Il y avait des milliers de gens qui sont venus pour lui. Pour dire à quel point il était aimé. Il était généreux et il ne prenait même pas d’argent. Je me souviens quand il avait chanté dans le mariage de mon fils, c’est inoubliable et il restera gravé dans ma mémoire. Il était très modeste. Condoléances à ses proches et à sa famille artistique».

Aziouez Rais

«Je le connaissais depuis mon jeune âge. J’avais 14 ans quand je l’ai rencontré dans les années 60. 30 ans d’amitié, il m’appelait mon fils. Pour moi c’était un grand frère, un modèle. Il était un grand maître. Ces derniers temps quand je l’ai vu, il était désespéré, il m’a même dit qu’il ne voulait plus vivre. Il n’avait personne. Mais ses amis l’aimaient beaucoup. Il vivait pour l’art. Il n’aimait pas trop les médias, il était discret. Un grand monsieur. Il a eu un grand enterrement. Paix à son âme».

Abdelkader Charchem

«Il était un grand maître, paix à son âme. Il était généreux. C’était un homme bon, tout le monde l’aimait. Il se faisait rare ces derniers temps. C’est une très grande perte pour le chaâbi. C’était un ami, on se respectait beaucoup. Il était simple et modeste».

Takfarinas

«Je l’ai rencontré une fois. Il a eu une discussion sur moi avec des gens qui m’est parvenue. Ça m’a honoré et incité à vouloir le rencontrer. Ça s’est fait à côté de chez lui, dans une épicerie où il passait beaucoup de son temps à côté de Sidi Abderrahmane. Donc, on est restés un bon moment à discuter. Je lui avais posé la question pourquoi il n’est jamais revenu dans son village natal avec beaucoup de nostalgie, il m’a répondu : c’est un long sujet, je te raconterai la prochaine fois. On a parlé de l’art. C’était un souvenir mémorable. Aujourd’hui, il n’est plus. C’est une grande perte pour nous tous. C’était un grand artiste et technicien surtout. Mes condoléances à sa famille et sa grande famille artistique algérienne et dans le monde entier».

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