Raffour Il demeure sans statut depuis son ouverture – Le centre culturel Matoub Lounès se meurt

Réalisée en 1993, cette battisse a fait office de centre commercial au départ, avant d’être reconvertie en centre culturel et comme de nombreux centres de ce genre (culturels) il s’est retrouvé sans statut ni tutelle, sachant que ce sont pas moins de trois secteurs, l’APC, la direction de la jeunesse et des sports et enfin celle de la culture, qui l’utilisent et en disposent pour mener des activités propres a chacun d’eux, Baptisé au nom du chantre de la chanson Kabyle Matoub Lounès, il est entré en activité le 25 juin 2005 et, depuis, il ne cesse d’abriter diverses activités d’envergure, dont la plus retentissante et sans conteste le vibrant hommage rendu à l’un des géants de la chanson kabyle, qu’est le défunt Sadaoui Salah, un enfant de la région. Ce qui prédestine en toute logique ce local à dépendre fonctionnellement du ministère de la culture, or les 3 cadres dirigeants sont rémunérés et émargent à la direction de la jeunesse et des sports, à savoir le directeur et les deux cadres pédagogiques tous les trois permanents, le reste du personnel sont pris en charge par l’APC, dans le cadre du filet social et emploi de jeunes. Ce sont pas moins de 13 disciplines ou activités que se partagent le sport et la culture, qu’abrite en permanence ce centre qui ne rate aucune semaine culturelle à l’échelle nationale, avec des participations de qualité. Il comptabilise 225 adhérents repartis sur diverses filières, cela pour retracer le volumineux programme d’activité de ce centre qui mérite beaucoup plus d’égards que ce délaissement inqualifiable, à l’origine d’une dégradation en stade avancé de l’infrastructure, qui offre un piètre visage avec des façades sales non ravalées depuis belle lurette et sur lesquelles les traces des infiltrations de pluie les font ressembler comme disait l’adage local au «visage d’un orphelin». Ces mêmes infiltrations sont aussi visibles au niveau de l’étanchéité avec des répercutions sur les murs porteurs et les cloisons que parcourent dans tous les sens des fissures et lézardes peu rassurantes. A cela s’ajoute une détérioration totale de l’installation de l’électricité. Des fils dénudés pendent lamentablement du plafond ou courent non encastrés le long des couloirs. La vétusté de cet équipement a fini par déstabiliser le courant électrique qui provoqua à son tour de fréquentes pannes sur le nombreux matériel informatique et audiovisuel, pénalisant ainsi des dizaines d’internautes qui fréquentent ce centre. Nous apprenons sur place que durant la saison humide, ce local se transforme en…chambre froide, en raison du manque de chauffage bien que la niche propane aménagée dans la cour et raccordée au gaz de ville, ne manque que l’installation intérieure pour rendre ce centre…plus fréquentable en hiver. Ce qui permettrait aux athlètes qui pratiquent des séances d’entraînements, de prendre leur douche sur place. A ce tableau plutôt noir vient se greffer un environnement des plus pollués à cause d’amoncellements d’ordures tout autour de la clôture d’enceinte, à l’image d’un espace vide du côté nord entre ce centre et le CFPA. Un espace perdu qui aurait put être aménagé en une agréable et attractive piste de pétanque, malheureusement abandonnée et transformée par des riverains, en dépotoir d’où montent de désagréables odeurs. Pour conclure, notons pour compléter ce descriptif peu compatible avec les activités qui s’y déroulent quotidiennement, que le mur de protection d’à peine 2 mètres de hauteur, à l’intérieur est franchi de nuit par des délinquants qui s’abritent à l’intérieur de la cour sombre (éclairage public inopérant) pour griller en toute…sécurité leurs «joints» et siroter des canettes de bières, dont ils abandonnent l’emballage sur place.

Oulaid Soualah