Le récent regroupement des paysans de la commune d’Ighram, qu’a abrité la salle des délibérations de leur commune, sur l’initiative de l’UNPA locale que dirige M. Madjid Ighessanen, a permis de recueillir les nombreuses plaintes, les nombreux besoins tardant à être satisfaits.La rencontre, qu’avaient animée M. Ighessanen, le responsable de la circonscription des forêts d’Akbou et le représentant de la chambre d’agriculture de Béjaïa, avait pour objectif d’expliquer aux fellahs les différents projets dont ils pourraient bénéficier dans le cadre du fonds PPDR. La confection et la mise en œuvre d’un projet individuel et/ou collectif, les éventuels bénéficiaires, le suivi, en plus des divers, ont été longuement débattus.
Le PPDR“L’Etat souhaite que les fellahs en soient informés, qu’il y ait un maximum de projets. Des projets pour les zones rurales”, a dit le représentant de la chambre d’agriculture de Béjaïa. “Mais nous ne voulons plus des supercheries qui font que ce sont les riches qui s’enrichissent encore et les pauvres qui s’appauvrissent plus. Que l’on laisse donc les personnes réellement dans le besoin en bénéficier”, ajoute le responsable de la circonscription des forêts d’Akbou. Le PPDR (Projet de proximité de développement rural) offre une aide plafonnée à 50 millions de centimes pour les plus de 40 ans. Le plan de mise en valeur est ouvert pour tout le monde, sous condition qu’on habite la zone rurale, explique-t-on.Les jeunes peuvent bénéficier de 100 millions de centimes dans le cadre de l’ANSEJ. La procédure est la même, garantie à la BADR par l’Etat ou l’ANSEJ, avec un apport personnel financier du bénéficiaire. Concernant la femme rurale, activant dans l’artisanat, le PPDR lui octroie une aide de 10 millions de centimes sans intérêts ni remboursement, c’est-à-dire une donation.
De quels projets pourra-t-on bénéficier ?C’est au fellah de la formuler, de bien la réfléchir. Les projets sont individuels ou collectifs tels que les pistes agricoles, les pistes carrossables et l’électrification. Les projets collectifs sont à présenter par le comité du village. Des opérations dans le projet global qui sera pris en charge dans le PPDR “à condition qu’il y ait une justification”, a précisé le responsable des forêts. Un projet d’électrification rurale, soutenu par la Sonelgaz, et accompagné d’un plan de masse fait par l’APC, est recevable. L’Etat aide à la construction non de hangars, mais d’abris allant jusqu’à 20 m2 au maximum ainsi que des bêtes à élever. Le nombre de vaches, dans le cadre du projet ne dépasse pas deux avec la préférence qu’elles soient des génisses pleines, pour plus de durabilité et de rendement car étant jeunes et allant mettre bas de nombreuses fois. “La production de lait est encouragée et il n’y aura aucun problème pour son écoulement. Notre projet est que le lait liquide remplace celui en poudre. A partir de 6 vaches, le propriétaire sera aidé notamment par la vente de lait”, a déclaré le représentant de la chambre d’agriculture. Mais concernant l’élevage d’animaux, l’exigence est au niveau du certificat de conformité.
Entraves rencontréesElles sont nombreuses. Sont répétitives cependant, la paire de bœufs pour les labours, l’ouverture de pistes agricoles et le réaménagement de celles obstruées et devenues impraticables des suites des périodes hivernales, le permis de construire, l’agrément, la carte d’“exploitant” (conditionné à l’approbation du propriétaire).L’agrément, rassure-t-on, est désormais délivré sans préalable de l’existence d’un plan. Le logement rural était aussi l’un des besoins exprimés. “Nous sommes étonnés qu’après la commission de daïra, et une fois que le dossier présenté a eu notre avis favorable, le dossier du fellah lui est rejeté au niveau wilayal à cause d’une enquête à tort préjudiciable”, a souligné outré, M. Ighessanène.
Le chantage des corrompusUn exemple vécu récemment par un paysan et relaté, à cors et à cris, à l’assistance, a provoqué indignation et courroux. “Il m’a pris 5 000 DA”, dit le fellah en question. Et de raconter : “Il m’avait, en premier lieu, assuré que ma taille était parfaite. Une autre fois, il a exigé que j’appose des cuvettes par des pierres. C’est la loi”, me répétait-il. Mais il m’a conseillé de me contenter de placer des cailloux. Ensuite, il me tint un autre langage : “Que la taille présentait de fortes et nombreuses imperfections. Je lui ai donné cette somme”, termine le narrateur de cette marrant situation. “J’ai récupéré l’argent et l’ai restitué à son propriétaire. Puis, porté plainte au bureau concerné”, racontait le responsable de l’UNPA d’Ighram. “Que la corruption arrive à notre couche, c’est qu’elle a atteint le plus fort point de la dégradation de la société et des valeurs”, se lamentait un présent au regroupement. “La dénonciation a servi de sonnette d’alarme. Ne nous laissons plus faire!”, s’écrie-t-on.Dédommagement des oliveraies détruitesAu chapitre des conséquences des dernières intempéries, l’UNPA de wilaya a adressé, apprend-on, une requête au chef du gouvernement, du ministère et au wali, disait M. Ighessassen. La chambre, selon M. Iskounène, a estimé les pertes à dédommager à 200 milliards de centimes. Un montant qui aurait été dégagé par la wilaya. “A Akbou, on refuse de recenser nos pertes, nos oliviers, poulaillers et autres, détruits ou dédommagés”, clamaient des paysans ce jour-là.En conclusion, la nécessité de diffuser le plan PPDR au niveau des villages pour qu’il soit lu et expliqué, a été exprimée. “C’est à partir du manque d’information qu’a découlé le manque d’organisation et les projets médiocrement formulés”, a-t-on reconnu.Rendez-vous est pris pour une autre séance pour la présentation de projets par les fellahs.
Manel S.
