Des citoyens préoccupés font part d'une subite recrudescence ces deux derniers mois du défrichement, pour le moins sauvage, de terrains forestiers relevant du domaine public au lieu-dit Adhrar Seggane, dans la périphérie sud d'Ath Mansour.
Cela intervient après une «trêve» observée par les contrevenants suite à une opération coup de poing menée, conjointement, par les services des forêts et la gendarmerie nationale contre ces défricheurs, durant le mois de mai écoulé. Une source proche du dossier fera part de quelques 200 hectares de forêt vierge qui ont été, jusqu’à présent, dénudé par ces énergumènes, contre 150 hectares l’année passée. Ce phénomène de défrichement effréné porte un coup sévère au tissu végétal des lieux, composé de pins d’Alep et de genévriers, en plus de l’Alpha et plusieurs espèces de buissons constituant le sous-bois. Il y a lieu de rappeler que les intervenants sur ces terrains domaniaux utilisent des engins de travaux publics pour le décapage des surfaces sur lesquelles ils procèdent à la plantation d’oliviers, pour ceux qui veulent les exploiter dans le créneau de l’agriculture. En revanche, d’autres, aussi incroyable que cela puisse paraître, procèdent au défrichement pour la vente des terrains nettoyés et débarrassés du tissu végétal. La même source nous apprendra que ce phénomène a commencé en 2012 et que ce sont jusqu’à présent pas moins de 180 procès-verbaux qui ont été dressés contre les contrevenants avec assignation en justice. Malheureusement, les faibles contraventions, oscillant entre 5000 et 20 000 dinars, sont loin d’être persuasives ; d’où l’urgente nécessité de l’implication du législateur pour actualiser la loi relative à ce genre de délits. Un délit qui est en fait un crime écologique et une agression aux multiples retombées négatives sur l’environnement. Rappelons que ce phénomène des défrichements effrénés et débridés a failli aboutir, l’année passée, à des affrontements entre les tribus d’Ath Mansour et celle d’Iwakuren, dont les terrains sont mitoyens de ces forets ciblées. Un affrontement évité de justesse grâce à l’implication des comités des sages des deux côtés, mais aussi à la réaction énergique de l’ancien wali. Ce dernier avait ordonné des opérations coup de poing qui ont calmé les ardeurs des contrevenants. Voilà que ces dernières semaines ces agressions contre le tissu végétal reprennent de plus belle. Des citoyens affirment que certains de ces énergumènes utiliseraient à l’heure actuelle des tracteurs agricoles pour labourer les surfaces dénudées et plantées d’oliviers. Soulignons que durant la dernière descente menée par les services des forêts, épaulés par le corps de la gendarmerie, de jeunes oliviers ont été arrachés et remplacés par des plans de pin d’Alep. Mais malheureusement, d’après nos sources, cette opération n’a pas suffi à calmer la «boulimie» des contrevenants.
Oulaid Soualah

