Dans le cadre du plan national de lutte contre le cancer (2015-2019), sur décision du ministère de la Santé, de la Population et de la réforme hospitalière, et, comme annoncé par le président de la Société algérienne d’oncologie médicale (SAOM), le Pr. Kamel Bouzid, le lancement du dépistage précoce du cancer colorectal aura lieu dans la wilaya de Béjaïa le 2 janvier prochain. Souk-el-Tenine et Melbou ont été choisies pour servir de communes pilotes à cette campagne. Et comme la réussite de cette opération est tributaire du nombre de personnes dépistées, le comité chargé de l’exécution de cette tâche a tenu, en présence des autorités locales, plusieurs réunions avec des associations activant dans les deux communes en vue de servir de catalyseur en sensibilisant le maximum de citoyens sur la nécessité d’un dépistage. Durant ces rencontres, le Dr Mazouzi, le Dr Attif et le Dr Amrouche se sont relayés pour expliquer l’importance de cette campagne et son incidence future sur la santé publique. Le cancer colorectal évolue souvent, dans un premier temps, sans symptôme ni signe perceptible, mais, s’il est détecté assez tôt, il guérit dans 9 cas sur 10. C’est pour cela que les 3 professeurs ont insisté sur l’utilité d’inciter le maximum de personnes à se faire dépister. Vu leur proximité avec la population éparpillée un peu partout au travers des hameaux et douars des deux communes, les associations ont le devoir de s’investir et de jouer un rôle prépondérant dans la réussite de cette campagne. Pour beaucoup de cancers, plus le diagnostic est fait tôt, moins les traitements sont lourds et meilleures sont les chances de guérison. L’intérêt du diagnostic précoce est de mieux soigner, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements. Le cancer colorectal vient en deuxième position chez les hommes après le cancer du poumon et après celui du sein chez les femmes. Il compte parmi les cancers que l’on peut prévenir en changeant certaines habitudes, principalement, alimentaires. Près de 95 % des cancers colorectaux sont diagnostiqués après 50 ans, chez les hommes comme chez les femmes. C’est pour cela que ce programme s’adresse à toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans, même si elles ne présentent ni symptôme ni facteur de risque particulier. Les dépistages se feront tous les jours ouvrables à partir du 2 janvier au niveau des polycliniques de Souk-el-Tenine et de Melbou, et l’opération s’étalera sur une période de vingt mois. Le test en question est indolore et consiste en la recherche d’un saignement dans les selles. Les cas positifs seront immédiatement pris en charge et transférés au CHU de Béjaïa pour y subir les examens et les traitements nécessaires. Un logiciel sera élaboré et tous les dépistés y seront enregistrés pour être rappelés tous les deux ans dans le but de subir à nouveau le test. Selon le Dr Amrouche, cette campagne n’est pas réservée exclusivement aux résidents des communes de Souk-el-Tenine et Melbou. Tous les citoyens de la frange d’âge concernée, désireux de subir ces tests, sont invités à se rendre aux lieux désignés. Dépister cette maladie à temps peut sauver la vie et tout retard peut être fatal ! Le dépistage régulier permet d’identifier ce cancer à un stade précoce de son développement, voire de détecter et de traiter des polypes avant qu’ils n’évoluent EN un cancer. D’après les spécialistes, il est possible de diminuer de 15 à 20 % la mortalité par le cancer colorectal, si la participation de la population au dépistage atteint les 50 %.
Saïd M.
