Nonobstant la vague de nouveaux chanteurs qui envahissent la scène musicale kabyle, certains jeunes épris de la musique gardent espoir de se frayer une place parmi ce panel de voix.
Les chansons «spéciales fêtes» ont le vent en poupe et de nombreux artistes sont en passe de sortir leurs albums. Moh Haroud, nom d’artiste qu’a choisi Mohand Akli Haroud, de son vrai nom, vient de mettre sur les bacs un nouvel album comprenant sept titres, entre autres, ‘A 3emmi Moh’, ‘A-zin arqaq’, ‘Vdegh di-tizi’, ‘Assen-i’, ‘Ahviv-ik d-ljiv-ik’, ‘L3erch-iw’ et ‘L-MOB 3zizen’. Un premier opus a déjà vu le jour en 2015, ce qui a motivé davantage ce jeune artiste à enchaîner avec un deuxième album, offrant ainsi une nouvelle grille de lecture de ses chansons, aussi rythmées que variées. Des thématiques souvent puisées du vécu et ayant comme support une musique inspirée du folklore local. Avec une voix chaude et prenante, Moh gratifie ses fans d’un deuxième album qui est déjà dans les bacs des disquaires. Cet album, dont la voix de l’artiste a mûri et s’est fortifiée sans prendre de l’âge, est un jeu musical qui épouse sans effort les tournures des instruments. Du folklore, du chaâbi, du moderne, acoustique… il le veut et le garde Moh Haroud. Sans aucune fioriture, l’artiste garde un cachet au timbre particulier. Même s’il est difficile de prétendre à la même réussite que les ténors de la chanson kabyle, ce jeune chanteur, originaire du village Tihouna, situé en contrebas du chef-lieu de la commune de Chemini, l’auteur-compositeur, Moh Haroud croit dur comme fer en sa bonne étoile. Doué d’une voix suave et mielleuse, l’artiste ne lésine nullement sur les efforts pour peaufiner son travail que seul le public peut en juger. Juriste de formation, Mohand Akli brasse tous les thèmes concernant le vécu de la société kabyle. L’amour, l’amitié, la nostalgie, l’amitié et bien d’autres thèmes. Étant épris de la musique dès son plus jeune âge, Moh s’initiait à la mandoline comme au reste de nombreux jeunes kabyles, mais cette passion a grandi et mûri au fil des années. En 1998, il intègre la troupe musicale du lycée Ouddak Arab de Chemini. Une occasion de se familiariser avec le public et tester ses «cordes vocales». Le chanteur s’est aperçu alors qu’il avait un penchant pour la chanson rythmée et raffinée déjà au lycée, où il se plaisait à animer les fêtes de fin d’année. Un peu plus tard, il s’essayera aux fêtes familiales et aux galas artistiques organisés dans la wilaya de Bgayet. Avec ses titres qui chantent l’amour et la liberté, l’enfant d’Ath Waghlis a le don de mêler à la perfection chant et mandoline. Il a pu ainsi montrer ses talents d’auteur-compositeur tout en confirmant de réelles aptitudes dans la chanson rythmée, entraînante, telle qu’affectionnée dans les fêtes. L’amour sans fards que voue Moh à la chanson ne sera pas qu’un vain mot, car il y a de fortes chances pour que ses produits trouvent leur chemin vers les mélomanes. Et comme l’appétit vient en mangeant, l’artiste songe à étoffer son parcours par de nouveaux clips dans l’espoir de toucher un large public.
Bachir Djaider

