Bouhamza – La fontaine Iakouchen hors d’usage !

L’aincer Iaâkoucen, une fontaine publique située à l’entrée du chef-lieu de la commune de Bouhamza, est fermée pour cause de pollution, apprend-on auprès des responsables de la municipalité. «L’eau de cette source est impropre à la consommation. La nappe a été contaminée par l’infiltration des rejets polluants issus du village Tighermine, relevant de la commune d’Amalou», dira M. Bensikhaled, maire de Bouhamza. Une opération de déviation de la trajectoire de ce rejet, pour contourner la nappe, sise à l’aval, a été engagée ces dernières années par l’APC de Bouhamza, informe-t-on, mais sans résultat. Le P/APC préconise une solution plus radicale, qui consiste, selon lui, à canaliser le rejet polluant sur un versant autre que celui à l’aval duquel se trouve la source. Néanmoins, «un tel projet exige une grosse enveloppe financière que l’APC ne peut prendre en charge», relève l’édile communal, en soulignant avoir exposé à plusieurs reprises ce problème, notamment lors des conclaves du comité technique de daïra. Toujours est-il que la population est bien dans l’obligation de se passer d’une source précieuse, connue pour son eau cristalline et rafraichissante. «La fontaine d’ «Iaâkouchen» rendait un service incommensurable. C’était une source d’approvisionnement complémentaire pour les villageois, un point d’eau salvateur pour les usagers de la route et un abreuvoir pour le bétail», se remémore, sur une pointe de nostalgie, un citoyen du village Ifigha. «Cette fontaine doit être réhabilitée à tout prix, car si on la laisse dépérir, c’est une partie de nous-mêmes qui prend la malle», dira un commerçant de Bouhamza. Bien des citoyens de la région estiment qu’outre son rôle utilitaire, cette fontaine publique remplit une fonction sociale par excellence. Dans le milieu rural kabyle, «Thala», au même titre que «Tajmaât», était le cœur battant du village. On va à la fontaine pour faire sa provision d’eau, mais aussi pour se rencontrer, prendre des nouvelles, s’échanger des confidences, tisser des amitiés… C’est dire !

N. Maouche