L'aide à l'habitat rural dans la commune d'Ighil Ali, à 93 kms au Sud-ouest du chef-lieu de Béjaïa, revêt une importance capitale pour les ménages qui aspirent à vivre sous un toit décent. La formule connaît un engouement indéniable dans la localité.
Le fonds qui lui est consacré, le Fonal en l’occurrence, permet aux familles de conditions modestes de construire sur leurs lopins de terre, avec une aide précieuse de l’ordre de 700 000 DA attribuée en deux tranches. La demande demeure donc très forte dans la municipalité d’Ighil Ali. A l’APC, le nombre de demandes est estimé à 200, toujours en instance. Le maire, Djoulaït Djamel, insistera sur le caractère crucial du Fonal pour les citoyens de la commune. Chiffres à l’appui, notre interlocuteur détaillera : «Notre commune a bénéficié pour l’année 2015 de pas moins de 296 aides dans le cadre du Fonal. C’est un chiffre encourageant ! Néanmoins, pour l’année 2016, nous n’avons reçu aucun quota d’aide à l’habitat rural. Nous espérons pour cette nouvelle année que notre localité bénéficiera de nouvelles unités. Nous avons besoin d’un quota de 200 à 220 unités pour combler la forte demande». Notre interlocuteur tiendra par ailleurs à relever que le montant de l’aide à l’habitat rural, 700 000 DA, est jugé «insuffisant» par les demandeurs, «le sol de la localité est caractérisé par un relief accidenté», explique encore le maire. «Comme la plupart des terrains sont en pente ou situé à la lisière de ravins, les auto-constructeurs doivent faire face à des frais supplémentaires de transport des matériaux et de terrassement. Le sol étant raboteux et inégal, il faut un gros œuvre pour jeter les fondations et construire son habitation. Toutes ces opérations coûtent très chers, nous expliquent les villageois», nous dira encore notre interlocuteur. Nous apprendrons, dans le détail, que pour les besoins des travaux de terrassement les villageois font appel aux niveleurs, «avec à la clé un tarif moyen de 1800 DA l’heure». Ce montant peut aller jusqu’à 4 600 DA l’heure si le terrain est rocheux. Pour le transport des différents matériaux comme le parpaing, le ciment, le gravier et autres, il faut dépenser entre 2 000 et 2 500 DA. «Ces frais préliminaires consomment de prime abord plus de la moitié des 700 000 Da octroyés dans le cadre de l’aide à l’habitat rural, ce qui nous oblige à contracter des dettes pour achever nos maisons!», explique encore le maire, rapportant les plaintes de ses concitoyens. Face à cet état de fait, les autorités locales, par l’entremise du P/APC, demandent à ce que le montant alloué dans le cadre du Fonal soit revu à la hausse.
Syphax Y.

