Tribunal de Bouira Poursuivie pour outrage et rébellion – Maître Habache relâchée

Le tribunal de Bouira qui jugeait l’affaire de cette avocate, poursuivie pour outrage et rébellion, lui a accordé la relaxe jeudi dernier. Écartant l’article 244 bis, relatif à l’outrage sous le couvert duquel la plainte contre l’inculpée a été introduite en septembre dernier auprès de la première instance, le tribunal a donné raison au collectif d’avocats qui a plaidé pour la relaxe, purement et simplement, de sa cliente. Rappelons que le procureur de la république a requis six mois de prison ferme en vertu de cet article qui sanctionne l’outrage. Mais le même tribunal a, quand même, retenu le second chef d’inculpation qui était la rébellion. Et pour cela, il a condamné maître Habache à 5 000 DA d’amende. Ce que cette dernière récuse absolument, car elle ne voit pas ce que la police lui reprochait sous cet angle. Elle a fait savoir que lorsque les éléments chargés de faire évacuer les habitants de la cité «Aïnouche Hadjila», l’été dernier, ils avaient frappé chez elle, vers vingt deux heures. Elle n’avait pas été prévenue de l’opération de relogement, au profit des habitants de ladite cité, à l’ouest de l’ancienne ville. En outre, tel qu’elle l’avait fait souligner à la barre, argument repris et développé à son tour par le collectif d’avocats assurant sa défense, les éléments de la police dépêchés sur les lieux, pour assurer le succès de l’opération, n’étaient pas en possession ce jour-là d’une décision de démolition émanant de l’autorité compétente. Pour elle, comme pour la défense, l’opération n’avait, donc, pas de caractère légal. Aussi, ni elle ni le collectif d’avocats constitué pour sa défense ne comprennent qu’elle ait été poursuivie pour outrage et rébellion. Au contraire, le dossier présenté à la justice, selon leur plaidoirie, contenait un certificat médical certifiant que l’accusée avait bénéficié d’un arrêt de travail de sept jours, montrant par là qu’elle a subi des violences physiques.

Aziz B.