Draâ El-Mizan – La banane flirte avec les 700 dinars

"C'est du jamais vu depuis plus d'une quinzaine d'années. Pourtant, ce fruit a été cédé, il y a quelques mois de cela, à moins de deux cents dinars&quot,; s'écrie un client dans un marché de fruits et légumes.

Celui-ci parle évidemment de la banane. Cette dernière est affichée entre 600 dinars et 700 dinars. A entendre certaines sources, ce fruit n’a, pourtant, pas «bougé» au niveau du marché mondial. « C’est une augmentation inexpliquée », ajoutera le même client. Si certains ont pris la décision de ne plus consommer la banane, en raison de ce prix exorbitant, cela ne veut pas dire que les autres fruits sont à la portée des couches moyennes. Lors d’une virée au marché des fruits et légumes, il a été constaté des ardoises amères. On citera l’orange entre 120 et 250 dinars, la mandarine entre 160 dinars et 300 dinars, la pomme entre 250 dinars et 450 dinars. Et la liste est longue. C’est le même constat pour les légumes. Tous les prix dépassent les 100 dinars, à l’exception, peut-être, de la carotte, dont le prix varie entre 40 et 70 dinars. Sinon, la tomate est fixée jusqu’à 150 dinars, le poivron à 120 dinars, voire plus, le chou-fleur à 100 dinars, l’oignon à 60 dinars, la pomme de terre entre 50 et 65 dinars…  » Vraiment, on ne comprend rien. Les prix sont instables. Chaque jour, les augmentations nous obligent à serrer encore plus la ceinture. Je crois que cela n’est pas dû seulement à la loi de finances 2017. Certes, celle-ci a augmenté certains produits, mais pas la totalité », constatera ce fonctionnaire dans une administration publique. « Nous n’avons pas encore réglé la facture d’électricité, pour voir la répercussion de la TVA, de 17% à 19%, sur notre consommation. Pour l’essence, c’est déjà fait », enchaînera la même personne. Devant toutes ces augmentations, les ménages ne savent plus quoi préparer, d’autant plus que même les légumes secs n’ont pas été épargnés. Ils ont augmenté entre trente et quarante dinars le kilo. Les détaillants justifient cette flambée, aussi bien des légumes et fruits, par l’augmentation des taxes et des carburants. « Lorsque le carburant augmente, c’est toute une problématique. Le transporteur revoit ses frais à la hausse, le commerçant en fait de même. C’est toute une chaîne qui devient de plus en plus incontrôlable par la libéralisation des prix. Et c’est le consommateur qui paie tout », conclura notre deuxième interlocuteur.

Amar Ouramdane