Souk el-Tenine – La population expose ses doléances au nouveau wali

Une dizaine d’associations représentant la société civile et regroupées au sein d’un collectif ont adressé, le 3 janvier dernier, une lettre au wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, dans laquelle elles dénoncent la non-prise en charge des doléances des citoyens de la daïra. Elles affirment «ne plus être en mesure de contenir l’ire de la population qui compte investir la rue et manifester publiquement son mécontentement, pour dénoncer les promesses non-tenues». L’alimentation de la daïra en gaz de ville continue de prendre la part du lion dans le registre de ces doléances et ledit collectif en fait une priorité. Bien que les autorités aient annoncé avoir trouvé un semblant de règlement à cet épineux problème, qui empoisonne la vie des citoyens de Souk-El-Tenine depuis 2004, en alimentant les communes de Melbou et Souk-El-Tenine à partir de la station de détente sise dans la commune d’Aokas et en impliquant financièrement les trois communes à hauteur de 800 millions de centimes chacune, rien n’est venu jusqu’à maintenant se concrétiser sur le terrain. Même cette solution est jugée «insuffisante» par une partie de la population qui estime que ce serait uniquement les chefs-lieux qui en bénéficieront, alors que ce sont surtout ceux qui habitent en hauteur qui souffrent le plus des affres des hivers brutaux qui sévissent dans la région. L’autre problème dénoncé est la non-mise en service de l’établissement public hospitalier implanté récemment au chef-lieu de la commune de Souk-El-Tenine, bien que son ouverture était prévue pour juillet 2015. La population de la daïra a tellement besoin des services de cet EPH et attend avec grand intérêt son ouverture, dont les travaux, bien qu’achevés à 80%, sont bloqués actuellement. Le collectif compte sur le wali pour débloquer la situation dans les plus brefs délais. L’autre souci majeur dénoncé à maintes reprises est le fléau de la prostitution qui a pris des proportions alarmantes sur le territoire de la commune. En effet, des dizaines de prostituées, venues de plusieurs wilayas, ont squatté des cabanons abandonnés aux abords de la plage, à quelques mètres de la RN9, pour s’y prostituer ouvertement au su et au vu de tous. Même démantelé à plusieurs reprises par les services de sécurité, le réseau renait à chaque fois de ses cendres pour reprendre de plus belle. La population ne comprend pas comment l’Etat n’arrive pas à l’éradiquer complètement, malgré le danger qu’il constitue. En effet, cet espace, devenu un nid de tous les vices, a été le théâtre de plusieurs agressions perpétrées contre des jeunes innocents qui se rendaient inconsciemment sur les lieux, sans parler du risque de prolifération des MST au sein de la frange juvénile de la région. Plusieurs autres problèmes ont été cités dans la lettre, notamment, la non-distribution des 37 locaux commerciaux, faisant partie du programme du président de la République pour la résorption du chômage chez les jeunes. Aussi, il a été signalé que les bénéficiaires des logements LPA et ceux des 300 logements LPL attendent toujours depuis plusieurs années, dit-on, l’affichage des listes. Pour mieux expliquer la situation au nouveau wali et décider, en concertation avec lui, de la conduite à tenir pour ne pas envenimer la situation, le collectif a accompagné sa lettre d’une demande d’audience.

Saïd M.