Timizart Iadjemat se sent lésé par la municipalité – Quand on n’a qu’une école primaire et une mosquée…

Le cadre de vie des habitants d’Iadjemat, un village de quelque 4000 âmes, sis dans l’extrême nord de la circonscription de Timizart, à la lisière d’Iflissen, au nord-est de Tizi-Ouzou, demeure détérioré depuis longtemps. L’hiver est rude à Iadjemat qui se trouve à environ 900 mètres d’altitudes. Afin de se réchauffer, quelques villageois utilisent le gasoil ou le gaz butane. Mais nombreux sont ceux qui, pour se tenir au chaud en cette période de froid glacial, recourent plutôt au bois de chauffage. Et ce sont les forêts avoisinantes qui en pâtissent en servant de lieux d’approvisionnement et de ressource en bois pour les riverains. Les travaux de raccordement des foyers au gaz de ville sont pourtant dans l’ensemble terminés. Mais les habitants n’en profitent réellement pas. Le gaz de ville n’est toujours pas fonctionnel au niveau de ce village où le climat n’est pas du tout clément en cette période d’intempéries. Divergents sont par ailleurs les avis à propos de la mise en fonction de ce moyen vital des temps modernes. Quelques uns estiment qu’il serait mieux d’attendre l’achèvement de la totalité des opérations de branchement de l’ensemble des ménages aux réseaux de gaz. D’autres pensent autrement et estiment qu’il est impératif d’allumer le gaz au niveau des endroits où ont été achevés les travaux de raccordement. Entre-temps, les citoyens continuent à souffrir et à recourir aux méthodes traditionnelles pour se réchauffer.

Le gaz de ville n’est pas encore fonctionnel et pas de raccordement au réseau d’assainissement pour de nombreux foyers

Sur un autre plan, de nombreux foyers ne sont pas encore raccordés au réseau d’assainissement à Iadjemat. Par nécessité, certains recourent aux fosses septiques, tandis que d’autres déversent les eaux usées carrément dans la nature, mettant ainsi en danger la santé des villageois. Aussi, à Iadjemat, la couverture sanitaire est quasiment inexistante. Un épineux problème auquel font face les habitants depuis des années. En effet, pour une quelconque consultation médicale, ces derniers se dirigent vers la polyclinique du chef-lieu communal, sise à une quinzaine de kilomètres, où en direction de celles d’Iflissen ou d’Aghribs situées à environ dix kilomètres. Les malades nécessitant l’hospitalisation se dirigent vers l’hôpital d’Azeffoun, se trouvant à plus de 40 kilomètres, ou à destination de celui de l’autre ville côtière, Tigzirt, ou bien au CHU de Tizi-Ouzou, sis à plus de 50 kilomètres des lieux. C’est un véritable casse-tête. «On est dépourvu d’un droit indéniable, à savoir la prise en charge médicale décente», dit un patient désespérément. La construction d’une unité de soins est de toute façon l’une des préoccupations permanentes des habitants d’Iadjemat. À vrais dire, il n’existe à Iadjemat aucune structure d’utilité publique, hormis une mosquée et une école primaire… Autant dire que le bourg «n’a jamais été dans les soucis de la municipalité», pour reprendre les dires de ce sage du village.

Djemaa T.