Béjaïa Soldes d’hiver – Timide adhésion des clients

Les soldes d'hiver ont démarré la semaine dernière d'une manière bien timide dans les principales villes de la wilaya de Bgayet, notamment le chef-lieu.

Sur fond de pouvoir d’achat en berne, les soldes d’hiver n’enthousiasment plus autant que l’auraient souhaité les commerçants. «Les soldes ne font plus courir les clients. Le temps au cours duquel ils faisaient la queue à l’entrée des magasins, le premier jour des soldes, semble révolu», annonce tout de go un propriétaire de magasin de vêtement. «Contrairement aux années précédentes, la période des soldes, coïncide avec un contexte un peu particulier cette année, marqué par une baisse du pouvoir d’achat des Algériens. Aussi, la multiplication des opérations promotionnelles tout au long de l’année rend cette période moins attirante pour les clients», avoue un commerçant de la ville d’Akbou. En effet, les clients semblent convaincus que cette manifestation commerciale n’est que poudre aux yeux. Ils arguent qu’elle est mal organisée ou avancent l’incapacité de leur porte-monnaie à supporter le coût d’articles déclarés bradés. L’édition 2017, amorcée il y a cinq jours de cela, peine à emballer les consommateurs béjaouis. Jusqu’à hier, la ruée n’était pas encore au rendez-vous. Des commerçants, intègres ou véreux, chauffent les tambours et se frottent les mains. Mais la clientèle potentielle demeure frileuse dans les marchés. Il est vrai, aussi, que la pratique des soldes n’est pas encore ancrée dans les mœurs algériennes, puisqu’elle a été imposée récemment avec l’économie de marché, puis la mondialisation. Cette évolution de la situation économique a fini par faire adopter à distance les soldes comme un mode de consommation à part entière. Preuve en est, la promulgation du décret exécutif fixant les conditions et les modalités de réalisation des soldes. Cette année, bon nombre de points de vente ont accepté de participer à ces soldes, mais la mayonnaise n’arrive décidément pas à prendre. Pour les commerçants, la période reste décisive, car elle leur permet d’écouler leurs stocks, mais aussi parce qu’une part importante de leur chiffre d’affaires s’y joue. Magasins et grandes surfaces rivalisent d’audace pour attirer la clientèle, avec des affiches alléchantes qui proposent des rabais allant de 20 à 80 %. Cependant, les gens ne se bousculent pas devant les devantures et autres franchises qui multiplient les offres plus alléchantes les unes que les autres. La chute vertigineuse des prix du pétrole a plongé notre pays dans une crise endémique. Sous un œil dubitatif, les clients ne mordent pas à l’hameçon. D’autant plus que, d’après certains clients, les réductions pratiquées sont imaginaires. Et d’avancer que peu de commerçants jouent le jeu et se conforment à la réglementation. «Ils trompent les clients sur l’ancien prix affiché sur l’étiquette de l’article qu’ils ont pris soin d’augmenter de 30 % une semaine avant les soldes, affichant, ensuite, une réduction dans les mêmes proportions. Cela les fait revenir au prix réel pratiqué auparavant. Où est donc la réduction ?», s’interroge un citoyen. La curiosité de découvrir les stocks proposés laisse place à une stupeur et à un étonnement de taille. En fait, que ce soit sur les étagères ou sur les penderies, des articles, au prix mirobolants, sont à l’honneur. On retrouve le plus souvent des jeans, des pantalons en velours, des vestes, des manteaux. La Turquie semble détenir la palme de l’importation en matière vestimentaire en Algérie. En revanche, il a été constaté que certains vêtements sont apparentés au marché de la fripe. En outre, la plupart des commerçants n’ont pas daigné étiqueter les nouveaux prix, ce qui constitue une entorse à la loi sur les soldes. Par ailleurs, les brigades de la DCP se doivent de veiller au petit grain afin de protéger le consommateur des commerçants véreux qui ne jurent que par le gain facile.

Bachir Djaider