Eboulements et glissements de terrain

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Les spectaculaires chutes de pluies, doublées de violentes tempêtes de neige et de vents, enregistrées l'année dernière, étaient à l'origine d'effroyables mouvements géologiques.

Ces derniers, dont la menace et les conséquences pesantes semblent avoir été négligées par les autorités publiques, se sont pour la plupart, manifestés à proximité des agglomérations. En effet, ils ont mis en péril des quartiers complets, à l’image du sinistre glissement de terrain au quartier Aarkov, dans le village Ath Yevrahim, en périphérie nord du chef-lieu de commune de M’chedallah. A cet endroit, une partie complète d’une haute colline s’est détachée pour s’effondrer dans un profond ravin, à moins de 20 mètres d’un groupe d’une quinzaine d’habitations. Ce glissement de terrain avait, pour rappel, créé une indescriptible panique parmi les occupants lesquels ont mis au point un système de surveillance de nuit, à tour de rôle, durant tout le reste de l’hiver, pour surveiller l’évolution du terrible cratère. Un cratère qui s’est formé et qui a avalé une dizaine d’oliviers centenaires. Cet endroit, bien qu’il ait fait objet d’un constat par une commission technique, n’a bénéficié, à ce jour, d’aucune opération de consolidation. Des riverains font également état d’un nouveau glissement suite aux dernières pluies diluviennes, qui se sont abattues sur la région durant la deuxième semaine du mois en cours. La seconde commune qui a enregistré, durant la même période hivernale de l’année passée, les mêmes cataclysmiques mouvements géologiques est celle d’Aghbalou. C’est en effet le cas au village Selloum, implanté en flan d’une colline assez accentuée. Dans ce village, un mouvement de terrain a fragilisé dangereusement tout un quartier, où pas mois de 5 habitations se sont effondrées. Et ce n’est pas le seul endroit dans cette commune à en être touché, puisque plusieurs tronçons de la RN15 ont subi des affaissements au même titre qu’un quartier du chef-lieu de commune et au village Ivehlal, au point où le maire de cette municipalité, M. Bellal Nacer, a déclenché le plan ORSEC. Signalons qu’en plus du fait qu’aucun de ces terribles glissements n’a été pris en charge, les familles sinistrées ne sont pas recasées à ce jour. La commune de Saharidj n’a pas été non plus épargnée par ces glissements, notamment en haute montagne dans le village Ath Illithen. En effet, sur la partie est de ce village, toute une colline s’est effondrée dans ravin, emportant avec elle des parcelles entières d’oliviers, à moins de 100 mètres des premières maisons du village. Là encore, rien n’a été entrepris à ce jour, pour sécuriser ce village, au point où les citoyens ont interpellé le wali et le ministre de la jeunesse et des sports, qui effectuaient ensemble une visite dans ce village durant la célébration de Yennayer. Le wali réagira en ordonnant la mise sur pied d’une commission technique spécialisée, pour établir rapidement un état des lieux, afin de prendre les mesures nécessaires. Dans la même commune, la RN30 a aussi subi sa part de dégradations après les violentes intempéries des mois de mars et avril de l’année passée. On peut citer l’effroyable affaissement d’une partie de la chaussée sur un tronçon de 60 mètres environ, à proximité du pont «Ighzer Ouheddad» dans le village Ath Hamad. Plus loin, ce sont d’impressionnantes masses rocheuses qui ont chuté et occupent une partie de la chaussée. Notons, encore, qu’aucune de ces avaries n’a été encore prise en charge. Il convient de signaler qu’il s’est produit depuis 2004 un important décalage de saisons et que l’hiver, qui ne fait que commencer, s’étalera sur 5 mois, soit jusqu’a la fin mai. Il faut, donc, s’attendre à de violentes perturbations atmosphériques durant toute cette période, sachant que le cycle sec d’une durée de 36 ans a pris fin en 2004 et que celui humide d’une même durée lui a succédé. Ce qui explique ces phénoménales chutes de neige, en parallèle à de violentes tempêtes de vents et de pluies diluviennes.

Oulaid Soualah

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