Nedjma ne brille plus depuis maintenant plus de 15 ans ! Cette salle de cinéma à laquelle on a attribué ce joli nom de Nedjma, faisait jadis le bonheur des centaines de cinéphiles qui affluaient des quatres coins de la région. Les longs métrages d’Oliver stone, de Coppola, de Ricci, les galas de Malika Domrane, d’Akli Yahiatène, d’Ali Ideflaven…, les conférences-débats politiques des différents leaders, les pièces théâtrales des troupes locales…, ont tous marqué de leurs empreintes cette grandiose salle, aujourd’hui livrée à elle-même. En 1991, son état était déja délabré. On avait loué cette infrastructure vétuste à un particulier qui n’avait pas pris le soin de la réaménager. Quelques années plus tard, soit en octobre 1997, un violent orage a eu raison de cet édifice. Son toit s’était soudainement effondré, heureusement sans faire de victime car la salle était vide. Toutes les démarches menées ensuite par l’APC d’alors pour une indemnisation auprès de la SAA sont restées vaines. Il a fallu plusieurs mois de démarches pour que l’APW et la SAA daignent mettre la main à la poche pour octroyer s’insignifiantes subventions pour les besoins de sa réhabilitation. Son toit est actuellement refait, mais… en tôle !Aujourd’hui, cette infrastructure est tout bonnement abandonnée. L’idée d’en faire un marché couvert en 2000, suggérée par quelques élus, était vite tombée à l’eau. Pour l’heure, cette vieille salle ne fait que « squatter » quelque 500 m2 d’espace au niveau du chef-lieu. « Elle est bonne pour la démolition ! », dira un jeune ingénieur en génie-civil. En fait, c’est là une proposition plus que clairvoyante surtout que le foncier public n’existe quasiment pas dans cette commune en proie à de multiples contraintes, quand il s’agit de dénicher une assiette pour la réalisation de toute infrastructure publique. En somme, c’est certain que Nedjma ne luira plus jamais sous les cieux de Maâtkas, à moins d’un autre astre qui viendrait illuminer le firmament culturel de la région, trop ténébreux.
Idir Lounès
