Pour attirer l’attention de leur tutelle sur les problèmes qu’ils vivent et crier haut et fort leur désarroi quant à leur devenir, les travailleurs du théâtre régional Malek Bouguermouh de Béjaïa ont organisé, avant-hier en fin d’après-midi, leur 4ème sit-in devant leur établissement.
Les protestataires tenaient à bout de bras des pancartes et des banderoles où l’on pouvait lire : «Ne touche pas au théâtre !», «SOS TRB en détresse !», «La tutelle fait toujours la sourde oreille !», «Arrêtez de comparer l’incomparable !», ou encore : «Notre théâtre a une histoire et un vécu qui font son identité». Au niveau du boulevard Amirouche, qui jouxte le théâtre, un travailleur distribuait des copies de la plateforme de revendications aux passants. M. Yousfi Abdelaziz, dit Bazou, auteur compositeur et metteur en scène au TRB, souligne que cette plateforme, comprenant cinq points essentiels, n’a été établie qu’après plusieurs réunions et plusieurs actions de revendications. «Les 60 travailleurs du TRB risquent, ainsi, de ne pas être payés dans quelques mois. Et 25 parmi eux, qui occupent des postes clés, mais qui sont des contractuels, bien que leurs CDD soient renouvelés à plusieurs reprises, risquent de se retrouver carrément au chômage, sans aucune protection sociale. «Cette situation n’est nullement causée par les travailleurs. Elle est le résultat d’une mauvaise gestion qui a régné durant des années au théâtre et de l’absence totale de suivi de la part des responsables de la tutelle», mettent en relief les contestataires. L’autre point soulevé par les travailleurs est la nomination d’un directeur qui puisse débloquer la situation. Actuellement, le théâtre est dirigé par un simple gestionnaire qui ne peut prendre aucune décision. Evoquant les dettes du théâtre, M. Yousfi Abdelaziz les impute à la mauvaise gestion et il donne l’exemple de l’IRG qui est retenu sur les salaires des travailleurs, mais qui n’est pas versé à la direction des impôts. Les protestataires exigent, également, de la tutelle la remise de la subvention à son montant initial, pour que le théâtre puisse assurer les salaires des travailleurs et faire des productions. Les travailleurs du TRB réclament, aussi, l’envoi d’une commission d’enquête, pour situer les responsabilités dans la situation que vit le théâtre. En outre, notre interlocuteur se dit «irrité» par le fait le ministre de le Culture compare le théâtre de Béjaïa, qui a produit 50 pièces depuis 1986, à d’autres théâtres qui ont à peine une année d’existence. Avec 60 travailleurs au théâtre de Béjaïa, il n’y a pas de sureffectif, insiste M. Yousfi, puisque chaque travailleur, qu’il soit acteur ou technicien, a un travail précis à effectuer quotidiennement.
B Mouhoub

