C’est avec une grande amertume et beaucoup de consternation que les citoyens de Melbou se sont rappelés de la tragédie d’El Maâden, laquelle a eu lieu un certain lundi 23 février 1998, à 15h30, lorsqu’un minibus desservant la ligne Ziama-Mansouriah – Souk El Tenine, s’est renversé et est allé s’enfoncer dans la mer où trente passagers ont péri, dont trois sont toujours portés disparues.Huit ans après, personne n’est prêt à oublier cette catastrophe et tout le monde garde dans la mémoire les cris de ces stagiaires, appelant “au secours”, “mains levées”, à partir d’une eau “glaciale”. Ces mémoires n’oublient pas aussi les sapeurs-pompiers stationnés aux abords de la route “RN 43”, en spectateurs, munis de camions-citernes “C’était une insulte à la profession et une arrogance affichée devant la douleur des parents et des citoyens”, nous lance un parent de victime que nous avons rencontré lors de la marche de ce jeudi. Huit ans après, la Journée du 23 février est déclarée un rendez-vous avec l’émotion par toute la population de Melbou qui ne cesse de montrer, d’une année à une autre, son formidable élan de solidarité en guise de soulagement aux parents des victimes, en organisant des marches jusqu’au lieu de la tragédie où une stèle commémorative a été érigée au nom de toutes les victimes, des activités sportives, des expositions photos des victimes et d’autres festivités culturelles qui témoignent, à plus d’un titre, de la profondeur de la blessure et de la valeur d’un véritable engagement historique envers l’événement.Huit ans après, les établissements scolaires sont complètement désertés, chaque 23 février, par les élèves qui ont fait de cette journée une aubaine pour adhérer massivement aux activités organisées, et de là même aller se recueillir sur le lieu du drame et assurer aux parents des victimes leur soutien et leur mouvement indéfectibles pour que jamais cette bévue “humaine” ne se reproduise à l’avenir.
Rabah Zerrouk
