Aïn El Hammam – Pénurie de bandelettes

Les pénuries de médicaments signalées çà et là atteignent, ces dernières semaines, les consommables utilisés par les personnes atteintes de diabète, de la région d’Aïn El Hammam «et même d’ailleurs», indique un pharmacien. Les malades sont désemparés suite aux difficultés qu’ils rencontrent pour l’achat de bandelettes utilisées quotidiennement pour le calcul de leur glycémie. En plus des problèmes de santé qui les amoindrissent physiquement et moralement, les diabétiques doivent maintenant vivre dans l’angoisse de l’insuffisance de médicaments. Une virée à travers les pharmacies d’Ain El Hammam nous renseigne sur l’importance de ces carences. Ainsi, certaines marques de glucomètres, parmi les plus usités habituellement, ont disparu des étals alors qu’on les trouvait à foison au niveau de toutes les officines, il y a peu de temps. Les bandelettes de quelques appareils disponibles «ne sont pas rentrées depuis plus de trois mois», nous confie une vendeuse qui précise qu’«elles sont, pourtant, utilisées par la plupart de nos clients. » Quant aux bandelettes disponibles, elles sont incompatibles avec les glucomètres exposés. «On se retrouve avec des produits inutilisables pendant que la demande grandit de jour en jour», ajoute-t-elle. Pour parer au plus pressé, les malades sont réduits à faire le tour des pharmacies de la wilaya, dans l’espoir d’y trouver les fameux produits tant recherchés. Par ailleurs, le traitement en comprimés prescrit par les médecins risque également de «déserter» les étagères des officines. Ainsi, il semblerait que les quotas de médicaments de type «glucophage» s’amenuisent à vue d’œil, nous apprend-on. Seuls les pharmaciens disposant de stocks importants arrivent à satisfaire leurs clients. «Mais jusqu’à quand, puisqu’on ne nous en a pas livré depuis plus de trois mois», indique un autre propriétaire de pharmacie. Objet tout de même de satisfaction, la vente de l’insuline ne connaît pas de perturbation. Notons que les habitants de la région de Michelet ne manquent pas de signaler le manque flagrant de médicaments au niveau de la pharmacie étatique dont les étagères sont quasiment vides. Jadis, si bien fréquentée par la population qui la préférait aux privées, la plus ancienne des pharmacies de Michelet située au vieux quartier, semble vouée, inexorablement, à la fermeture au grand dam de la population. «C’est à se demander si sa désaffection n’est pas programmée», disent-ils.

A. O. T.