S. Ait Hamouda
La pomme algérienne, belle à croquer, se met au goût du jour, pour interdire l’importation de ses congénères outre méditerranée. Pas de pommes étrangères dans notre pays. Elles sont algériennes nos pommes et elles resteront succulentes, un léger goût acidulé et bien croquante en bouche. La pomme, depuis Adam à ce jour, a ravi bien des monarques, bien de fines gueules et bien des gourmands. Et pourtant, des gens d’outre-mer se sont aventurés à nous recommander leur reinette, ou williams, bourrées d’OGM et de produits interdits à la consommation. Il est indubitable que chez nous la pomme n’est pas pommée pour la simple raison qu’elle est bio depuis la nuit des temps. Elle a existé, vécu, grandi dans ce beau et généreux pays, l’Algérie. Nourrie par notre eau limpide, irriguée par ses sources chantantes et ses rivières indolentes, notre pomme n’est pas grosse, petite elle aguiche les Algériens et ça lui suffit, tant elle sait à qui plaire. Elle est l’un des fruits les plus exquis, sa couleur arc en ciel, sa robe tout en discrétion, sa forme d’une beauté inénarrable fait d’elle la plus belle pomme du monde. Surtout qu’elle est toute discrétion, mais elle flatte le palais de celui qui la goûte. Quand on instruit un pays d’en importer, en dépit qu’il en possède et de meilleures, il y a là une tentative de se mêler de choses qui ne regardent que ses producteurs. La gracieuse pomme du pays, elle est gorgée de soleil, elle offre d’étancher sa soif à l’assoiffé, c’est un coupe-faim comme il n’en existe nulle part ailleurs. Va de l’avis d’un quelconque ministre hexagonal sur les qualités de notre pomme, pour la remplacer dans nos étalages par la sienne. Mais il est zinzin ce mec, il a disjoncté, il a déraillé, ou il a bu trop de cidre au point de conseiller d’exporter sa «pomme» vers un pays qui en a vu d’autres et de meilleure qualité. Mais dans tout ce micmac de pommes qui inspire non seulement la nausée, mais aussi l’écœurement, nous ne voyons que volonté délibérée d’imposer leur dictat au pays aux pommes autochtones. C’est déraisonnable, c’est tout simplement néocolonial. Et nous en avons fini avec le colonialisme au moment où nous nous sommes libérés de son épouvantable règne.
S. A. H.
