Le wali, Mohammed Bouderbali, fait son constat à Tigzirt – «La wilaya a tourné le dos à la mer»

Le wali de Tizi-Ouzou, Mohammed Bouderbali, était, hier, l’hôte de la daïra de Tigzirt lors d’une visite où il a eu à inspecter plusieurs chantiers à travers les trois communes: Mizrana, Tigzirt et Iflissen.

Il a eu également à visiter des projets de logements, d’un chantier de réalisation d’une résidence touristique, du projet d’extension de la laiterie Tifra Lait, de salles de soins, de bibliothèques, de stades communaux, du glissement de terrain au village Iknache et du lycée 800/200 dans la commune d’Iflissen. Il a eu également à mettre en service le réseau du gaz à Tigzirt. En fin de visite, un point de presse a été tenu par Bouderbali qui reviendra sur l’inspection du jour : «À Tigzirt comme à Azeffoun, c’est le même constat. Les potentialités et les opportunités existent mais l’exploitation reste insuffisante. Nous invitons les investisseurs à monter des projets, nous les accompagnerons dans le cadre de ce que permet la loi. Quand on constate que nous disposons de 120 kilomètres de côte non exploités, on se dit que la wilaya à tourné le dos à la mer. Nous devons agir pour redresser la barre». Au sujet du glissement de terrain d’Iknache, le wali notera : «Le glissement est certes un phénomène naturel, mais 80 foyers sont menacés. Il nous faut une étude et une estimation pour une prise en charge. Nous avons aussi constaté du retard dans divers domaines notamment le logement. Cela est dû essentiellement au mauvais choix d’entreprises. Il faut faire le nécessaire pour relancer et accélérer la cadence». Concernant la station de dessalement de Tigzirt, le premier magistrat de la wilaya fera savoir : «La station est des plus anciennes. Son entretien et sa remise en service demandent de grands moyens financiers, mais nous ferons de notre mieux pour la remettre en marche au moins en période estivale». Au sujet du gaz, le wali reconnaîtra «L’État a fait beaucoup d’efforts, mais ces derniers temps et à cause de la crise financière, l’élan a été ralenti, mais nous trouverons des solutions et poursuivre l’effort afin de faire parvenir ce combustible à la population». Le même constat a été fait pour ce qui est des infrastructures sanitaires. «Les infrastructures sanitaires sont anciennes et nécessitent des travaux de réhabilitation. Actuellement, nous comptons 17 polycliniques qui ont besoin de travaux de réparation, hélas les restrictions et les plafonnements de payement ne nous aident pas, mais d’ici le mois de mars nous procéderons au plus urgent». Pour terminer, le wali saluera les efforts de la laiterie Tifra lait. «Nous avons vu que l’état du foncier exploité par Tifra Lait est accidenté et escarpé, mais l’investisseur a fait beaucoup d’efforts pour faire de son entreprise un fleuron. Nous l’accompagnerons au maximum pour ce qui est de notre ressort, mais pour le reste, notamment les oppositions, ce sera à la justice de trancher», déclare-il.

Mizrana, le siège de l’APC prêt d’ici fin mars 2017

Accueillis par le maire de Mizrana et l’ensemble des autorités locales, le wali et sa délégation ont, pour leur première escale, inspecté le chantier d’extension du siège de l’APC. Un chantier lancé le 13 janvier 2016, pour un délai initial de 9 mois. C’est-à-dire, le projet aurait dû être réceptionné en septembre 2016. Hélas et après l’arrêt des travaux, le délai a été repoussé au 24 mars de l’année en cours. Toutefois, le taux d’avancement n’est estimé qu’à 55%. Il reste donc presque la moitié du projet à achever en un seul mois. Un défi sûrement difficile à relever. La polyclinique de Mizrana, la seconde halte du wali, est en chantier. Un montant de 8,4 millions de dinars a été affecté pour sa réhabilitation pour un délai de 2 mois. Enfin, le stade communal a été l’autre destination de l’hôte de Mizrana. Celui-ci a bénéficié de la pose du gazon synthétique, de la réalisation de la clôture et de l’éclairage. Ce qui a coûté 73 millions de dinars. Le maire et les sportifs rencontrés sur place demanderont au wali la réhabilitation des vestiaires. Le directeur de la jeunesse et des sports Iltache Abderhmane fera savoir : «Aujourd’hui, nous venons d’inaugurer officiellement le stade de Mizrana qui vient de bénéficier de la pose de gazon, d’éclairage et de clôture, il reste encore les gradins. Nous allons également visiter le stade de Tigzirt qui a bénéficié de la pose de gazon et la piscine de Tigzirt qui est à 50 % d’avancement. Depuis 2013, nous avons gazonné 35 stades et nous avons l’espoir de bénéficier d’un budget, dans le cadre du FCCL, pour gazonner 10 nouveaux stades. Ce sera donc 45 stades communaux qui seront aux normes sur les 67 communes de notre wilaya. L’effort est considérable et nous poursuivrons le travail pour rendre disponible au moins un stade gazonné à travers l’ensemble des communes».

Tigzirt, énorme retard dans le secteur du logement

À la commune de Tigzirt, le wali a entamé son périple par la mise en service du réseau de gaz au village El Kalaa, au bénéfice de 343 foyers. Il a été aussi question de la visite de l’école primaire Boualem Ahmed et de la mise en service du gaz, au grand bonheur des chérubins et du personnel de l’école. Le président de l’association des parents d’élèves rencontrés sur place indiquera : «Notre école totalise 109 élèves. Son point noir reste la cantine qui n’est qu’une classe aménagée. À présent, elle ne répond plus aux normes, alors nous demandons l’inscription d’une cantine scolaire en bonne et due forme. Nous avons, aussi, un logement presque abandonné, nous demandons sa transformation en bibliothèque pour les enfants. Une petite aire de jeux pour nos écoliers est aussi recommandée». Au niveau de la station de dessalement ouverte en 2004 et qui est actuellement à l’arrêt, le maire demandera : «Notre population souffre quotidiennement de la rareté de l’eau alors qu’une solution existe. Il suffira de réparer et de remettre en service cette station pour réduire l’ampleur de la crise au moins en été». Signalons que cette station, remontant aux années 2004, tombe la plupart du temps en panne, surtout depuis 2011. Le directeur de l’ADE dira : «Cette station est budgétivore, il nous faut 45 millions de dinars pour la remettre en service, mais nous n’avons pas le choix, nous essaierons de la faire fonctionner au moins pendant la saison des grandes chaleurs». Au niveau du projet portant réalisation de la résidence touristique d’une capacité de 104 lits et qui sera à l’origine de la création de 55 emplois directs, les travaux sont toujours en cours. Au niveau toujours de la même commune, les projets de logements visités connaissent tous des retards. En effet, en plus des 20 logements sociaux éducatifs, le 166 LPL et les 631 LSP, des projets lancés en 2012 et en 2014 connaissent tous des prolongements de délais pour 2017 et 2018. Il a été constaté que même des logements lancés en 2014 n’ont atteint que 19,36% de taux d’avancement. Par ailleurs, Tifra Lait, une laiterie qui a une capacité de production de 520 000 litres/jour et qui fournit environ 35 wilayas du pays avec un effectif de 530 employés permanents, entend réaliser un projet d’extension pour augmenter sa production. Elle envisage aussi de l’élevage bovin (10000 têtes), de l’élevage de poisson et de caprin. Cependant, l’entrepreneur fera savoir au wali : «Nous butons sur plusieurs problèmes, à savoir les oppositions, la présence de conduite d’AEP sur le site et l’amenée de l’eau, du gaz et de l’électricité». Toujours dans la commune de Tigzirt, il a été procédé à l’ouverture du stade communal qui a bénéficié d’une mise à niveau avec la pose de gazon et de l’ouverture de la bibliothèque semi-urbaine. Le maire de Tigzirt, Moussa Abbou indiquera : «Nous avons profité de la visite du wali pour lui exposer les principaux problèmes de notre commune. Nous avons insisté sur le manque d’eau et la remise en service de la station de dessalement au moins en période estivale car la pénurie s’accentue lors de cette période. Nous avons aussi soulevé l’indisponibilité d’un CET, car celui inscrit à notre commune a buté sur des problèmes d’oppositions et à présent, nous croyons savoir qu’il est gelé. Donc, il faut faire le nécessaire pour son dégel et choisir une assiette adéquate».

Iflissen, un glissement de terrain qui urge et des travaux à l’arrêt au lycée

À Iflissen, c’est l’énorme glissement de terrain qui a attiré l’attention. Celui-ci a causé des dégâts à quelques foyers et menace d’autres habitations, cela sans parler de la route qui risque d’être coupée. Un des habitants qui était sur place a pris la parole pour interpeller le wali sur l’urgence de procéder aux travaux de confortement pour éviter aux 80 foyers riverains le pire : «Ce glissement existe depuis les premières années de l’indépendance. À chaque nouveau glissement, nous reconstruisons plus haut, mais maintenant, nous n’avons plus où aller. Il nous faut une solution rapidement avant que le glissement ne provoque l’irréparable». À la polyclinique d’Agouni Moussi, les manques sont nombreux et la polyclinique agonise, l’étanchéité y est dépassée, les infiltrations et le manque de mobilier et d’équipements sont signalés. Enfin le projet de lycée 800/200, qui a été lancé en mars 2015, est à présent à l’arrêt. En effet, le bloc pédagogique n’a atteint que 25% d’avancement, la demi-pension est à seulement 5%, la salle de sport à 65% et les logements non encore lancés. L’entreprise en charge n’a pas entamé les travaux, son contrat a été résilié à son tord exclusif. Le wali n’a pas caché sa désapprobation et a instruit le directeur des équipements publics à relancer les travaux dans un mois et demi : «C’est une situation inadmissible. Je vous donne un mois et demi pour relancer ce projet».

Compte rendu de Hocine T