L’oued Sahel, d’une longueur d’environ 60 kms, lequel parcourt deux wilayas à savoir Bouira – d’où il prend origine – et Béjaïa, est en pleine crue depuis ces derniers jours, comme constaté récemment. Les intempéries et la fonte des neiges ont provoqué l’augmentation du niveau des eaux de ce cours d’eau, se trouvant plus que jamais « malmené » par une pollution exceptionnelle à cause des rejets solides et liquides qui souillent ses rivages et son lit. Néanmoins, l’état de crue à permis à cette rivière d’emporter de grandes quantités de déchets qui s’entassaient sur ses berges comme dans un toilettage. Même ses eaux sont devenues limpides et claires grâce à cette défluviation, alors qu’elles étaient glauques et pestilentielles, il y a quelques semaines de cela, et ce durant la période de sécheresse où cet oued était en pleine désolation, avec un paysage lunaire et désertique. Dans la foulée, cette grande crue a permis d’apporter de nouveaux alluvions (sable, limon, galets, argile,… ) pour reboucher et « panser » le lit de l’oued défiguré par son exploitation outrancière surtout par les sociétés réalisatrices de la pénétrante autoroutière El Adjiba-Béjaïa, où des milliers de tonnes de tout-venant ont été extraites pour les besoins de l’infrastructure. « Un mal nécessaire » comme dirait l’autre. À cela faut-il ajouter aussi l’exploitation de ces sédiments par quelques sablières restées encore en activité, ce qui dénature carrément ce cours d’eau avec des tranchées et des cratères béants ! Par ailleurs, faut-il soulever aussi ce point relatif à l’inondation par les eaux en furie du Sahel des terres agricoles qui le longent. Effectivement, les remontées d’eau de cette rivière n’épargnent pas certaines terres agricoles plantées essentiellement d’oliviers lesquelles terres ne sont pas protégées par des gabions et autres digues. Les inondations finissent toujours par endommager des dizaines d’arbres fruitiers et dénaturer en plus le sol en le rendant inculte à cause de son envasement. Ce problème persiste encore au grand dam de certains propriétaires terriens qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Syphax Y.
